* En ce moment *
- Reading in Progress -
* Léviathan, 2: La nuit (Lionel Davoust)
Vadrouilles en approche :
* combo Imaginales & Geekopolis fin mai
* Fééries du Bocage début juin
Dr Who 609 Night Terrors
Je l'ai dit, et redit, et redit, et redit encore, depuis plus d'un an, mais après contretemps, manque de temps, et procrastination, j'ai fini par le faire: ça y est, j'ai démarré mon rattrapage de Dr Who !
J'en étais donc restée à cet épisode des freaky dolls, dont je me souvenais que le trailer me faisait craindre pas mal de crispation angoissée.
En fait, ça va, j'ai pas bondi derrière ma chaise, même si les effets sonores et musicaux ont bien joué.
Mais je dirais quand même que c'est un petit épisode de transition, relativement classique, pas aussi chargé que je m'y attendais - ce qui n'est pas plus mal pour ma reprise !
"Today, we're answering a cry for help from the scariest place in the universe - a child's bedroom."
Nous voilà avec un petit garçon qui a peur du noir, tellement que sa maman doit satisfaire à ses tocs avant d'éteindre la lumière pour la nuit, et lui répéter que "tout ce qui [lui] fait peur, on le met dans le placard".
Mais le gamin reste terrifié, et son appel mental de détresse parvient au Tardis, qui dépose le Doctor, Amy et Rory vers un immeuble.
Pour trouver le bon appartement, les voilà qui se coltinent du porte-à-porte 

"Hey! Any luck?
- Three old ladies, a traffic warden from Croatia and a man with ten cats.
- What are we actually looking for?
- Ten cats! Scared kid, remember.
- I found scary kids. Does that count?"
Le Doc finit par trouver le bon, rencontrer le papa dépassé, feuilleton l'album photo familial, discuter avec le petit George...
"Pantaphobia. That's what it's called. Pantaphobia. Not a fear of pants though, if that's what you're thinking. It's a fear of everything... including pants, I suppose, in that case... Sorry. Go on."
"Great! Reading's great. You like stories, George? Yeah? Me, too. When I was your age, about, ooh... a thousand years ago, I loved a good bedtime story.
The Three Little Sontarans. The Emperor Dalek's New Clothes. Snow White And The Seven Keys To Doomsday, eh? All the classics."

...puis examiner le placard au screwdriver et prendre la mesure du problème: "monsters are real".
Pendant ce temps, Amy et Rory se font emporter par l'ascenseur à l'intérieur d'une maison sans lumière, où tout est en bois, et légèrement flippant.
Le Doc et le papa ne tardent pas à les rejoindre quand le placard s'ouvre...
Tout comme le proprio et la vieille voisine qui font peur à George.

Arrivés là, le Doc fait tout de suite le rapprochement entre le mobilier fake et une maison de poupées, certainement le support qu'a trouvé le gamin pour repousser ses peurs - sauf qu'il n'est pas un petit garçon ordinaire...
"A cuckoo. A cuckoo in the nest. A Tenza. He's a Tenza. Millions of them hatch in space and then whoomph! Off they drift, looking for a nest. The Tenza young can sense exactly what their foster parents want and then they assimilate. Perfectly."
De leur côté, Amy et Rory voient les poupées flippantes à l'oeuvre: ceux qu'elles touchent deviennent des poupées de bois à leur tour.
(grosse pensée pour le Coraline de Neil Gaiman)
Et très vite, le Doc et le père sont confrontés à la même menace. Et le sonic screwdriver n'a aucun effet, bien sûr ^^
"A gun? You've got a gun?!
- It's not a gun. Wood! I've got to invent a setting for wood. It's embarrassing."
L'impro wtf: activités manuelles version géantes.
Alors que dans leurs fuites, ils finissent par se rejoindre tous dans les escaliers, et que la situation commence à devenir critique, le Doc comprend que le gamin est la clé de tout.
Et le papa, aussi, dont les hésitations auraient bien pu perturber l'atavisme d'intégration du petit Tenza...
Et tout est bien qui finit bien, quand la maman rentre du travail tout va beaucoup mieux et c'est arrivé "comme ça", grâce au "Doctor" qui a été "envoyé" ^^
Voilà voilà. Donc juste un p'tit épisode sympa comme ça.
Le Protectorat de l'Ombrelle, 1: Sans âme (Gail Carriger)
Encore un bouquin dont j'ai énormément entendu parler et en bien, et que j'ai enfin fini par tâter de moi-même. Les couvertures et résumés m'attiraient déjà, mais j'hésitais sur l'aspect bit-lit et tout cet engouement massif... Si bien qu'en fait, ça se révèle une bien bonne surprise!

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui ne lui avait même pas été présenté ! Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau, compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour démêler l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame-t-il réellement dans la bonne société londonienne ?
J'ai tout de suite accroché, à commencer par Alexia Tarabotti, vieille fille qui ne s'en laisse pas conter - et pourtant, il y a fort à faire, entre sa famille superficielle, les mondanités et les codes de la bonne société... Une société mêlée d'être surnaturels, ce qui ajoute des règles et des protocoles parfaitement étudiés.
Tout ce que j'aime.
*
"Les créatures surnaturelles, qu'elles fussent des vampires, des loups-garous ou des fantômes, devaient leur existence à une surabondance d'âme, un excès qui refusait de mourir. La plupart savaient qu'il existait des êtres, telles mademoiselle Tarabotti, qui naissaient sans âme du tout. L'estimable Bureau du registre des non-naturels (le BUR), une division des services administratifs de Sa Majesté, appelait ses semblables des paranaturels."
* * *
"Un vampire affamé avait deux solutions socialement acceptables à son problème: prendre quelques gorgées de sang à divers drones consentants appartenant à lui-même ou à sa ruche, ou payer des prostituées dans les docks. On était au XIX° siècle, après tout, et l'on n'attaquait tout simplement pas les gens sans être annoncé ou invité! Même les loups-garous, qui ne pouvaient se contrôler à la pleine lune, s'assuraient d'avoir assez de porte-clés pour les enfermer."
* * *
"Les isolés étaient rares chez les suceurs de sang. Il fallait à un vampire beaucoup de force, psychologique, politique et surnaturelle, pour se séparer de sa ruche. Et une fois autonomes, les isolés avaient tendance à devenir un peu bizarres dans leur tête et à glisser vers le côté excentrique de l'acceptabilité sociale."
*
Dès les premières pages le ton est donné avec une collation auto-octroyée au calme de la bibliothèque lors d'une soirée mondaine navrante, grossièrement interrompue par un combat impliquant un vampire zozotant, une ombrelle solide, une épingle à cheveux, et une part de tarte à la mélasse.
J'ignore si c'est déjà aussi savoureux à l'original ou si l'excellente traduction de Sylvie Denis en rajoute une couche, mais c'est truffé d'humour et de distinction à toute épreuve, et c'est particulièrement agréable à lire.
L'ambiance victorienne teintée de steampunk est aussi magnifique, avec des rouages, de la vapeur, des savants fous, et cet ébullissement enthousiaste de la grande époque des découvertes techniques...
*
"Cette prairie à ciel ouvert située hors des sentiers battus était depuis peu utilisée par une compagnie de dirigeables. Elle possédait des machines à vapeur de type Giffart pourvues de propulseurs de Lôme. C'était la toute dernière mode en matière de voyage d'agrément. La crème de la bonne société en particulier avait adopté le royaume des airs avec enthousiasme. S'y promener avait presque éclipsé la chasse comme loisir favori de l'aristocratie. Les vaisseaux étaient splendides à voir et Alexia les aimait particulièrement. (...)
[L'un des dirigeables] s'approcha de la prairie, puis, comme les deux jeunes femmes observaient la manoeuvre, coupa ses moteurs et abaissa son propulseur avant de descendre lentement pour atterrir.
- Nous vivons vraiment à une époque remarquable, commenta Alexia, dont le regard étincelait. Ivy n'était pas aussi impressionnée.
- Ce n'est pas naturel que l'homme se mette ainsi à vivre dans les cieux.
Alexia émit un tss tss agacé.
- Ivy, pourquoi dois-tu toujours te montrer aussi vieux jeu? Nous sommes à l'époque des inventions miraculeuses et des avancées extraordinaires de la science. Le fonctionnement de ces engins est tout à fait fascinant, en fait. Les calculs pour le décollage sont...
Elle fut interrompue par une douce voix féminine. Ivy poussa un soupir de soulagement - tout était bon pour empêcher Alexia de se lancer dans ce charabia intellectuel emberlificoté."
* * *
"Êtes-vous au courant? On fabrique des bijoux avec ce nouveau métal léger extraordinaire - de l'alu-mini-minimum, quelque chose comme ça. Il ne se ternit pas, comme l'argent. Bien entendu, il est très cher pour l'instant, et papa ne nous as pas autorisées à acheter quoi que ce soit.
Elle fit la moue.
Mademoiselle Tarabotti s'illumina. Ses journaux scientifiques s'étaient extasiés sur les nouvelles méthodes de production de ce métal, découvert quelque vingt ans auparavant.
- Aluminium, dit-elle. J'ai lu des articles dessus dans plusieurs publications de la Royal Society. Il a donc enfin fait son apparition dans les magasins de Londres. C'est merveilleux! Vous savez, il n'est pas magnétique, ni éthérique, mais anticorrosif.
- Il est quoi et quoi?"
*
Avec ça, tous les personnages sont bien taillés, avec leurs personnalités propres et bien identifiables, parmi une galerie haute en couleurs et qui peut rappeller les feuilletons victoriens par ses stéréotypes assumés.
Je dois dire que j'ai une affection toute particulière pour lord Akeldama et ses incessants surnoms sirupeux et ridicules ("ma jonquille adorée", "mon minuscule cornichon"...) qui m'ont rappelé Thursday Next avec grand plaisir
Sans oublier son usage des italiques qu'on entend quand il parle, y compris par la voix intérieure de la lecture.
Bien sûr, il y a aussi tout le jeu haine-amour, ça reste de la bit-lit, et les passages "olé-olé" (
) peuvent devenir un peu saoûlants à force, mais heureusement l'auteure a su doser ça avec assez de modération pour éviter d'arriver à saturation et que les "occasionnelles" situations de ce genre restent appréciables. Et la confrontation de ces deux caractères forts est distrayante ^^
*
"Mademoiselle Tarabotti continua de se diriger vers la porte. La peur lui serrait la gorge. Elle comprenait désormais ce que pouvaient ressentir de peites créatures couvertes de fourrure piégées dans l'antre d'un reptile.
Elle s'arrêta lorsqu'elle trouva un obstacle sur son chemin. Lord Ambrose s'était déplacé avec la rapidité caractéristique des vampires. Il lui sourit d'un air méprisant, toujours aussi grand et d'une beauté troublante. Alexia découvrit qu'elle préférait de beaucoup le type de physique imposant de lord Maccon: rude et un peu débraillé sur les bords.
- Ecartez-vous de mon chemin, monsieur! siffla mademoiselle Tarabotti en regrettant de ne pas avoir pris son ombrelle de cuivre. Pourquoi l'avait-elle laissée chez elle? Si cet homme avait besoin de quel chose, c'était d'un bon coup dans les parties."
* * *
"Alexia se demanda comment il la voyait - comme un chat, peut-être? D'après son expérience, les chats n'avaient pas beaucoup d'âme. C'étaient en général de petites créatures prosaïques et pleines de sens pratique. Etre comparée à un chat lui convenait parfaitement."
* * *
"Lord Maccon, en un mouvement plus rapide que ce que quiconque pouvait voir, apparut près de madame Loontwill, une main de fer autour de son poignet. "Je ne recommencerais pas, si j'étais vous, madame" dit-il. Sa voix était douce et basse et son expression neutre. Mais il ne faisait pas de doute que la colère qui flottait dans l'air était celle d'un prédateur: froide, impartiale et mortelle. Une colère qui voulait mordre et qui avait les dents pour le faire. C'était là un aspect de lord Maccon que personne n'avait jamais vu avant - pas même mademoiselle Tarabotti."
*
Bref, le tout fut encore bien plus appréciable que ce à quoi je m'attendais, et c'est un coup de coeur! 
J'ai hâte de lire les autres tomes pour retrouver cette ambiance, ces personnages et ce style. ![]()
Allez, encore deux extraits parmi mes préférés
:
*
"Le professeur Lyall se souvint des origines de son Alpha. Il était peut-être relativement vieux, mais il avait passé la plus grande partie de son existence dans une petite ville à peine civilisée des Highlands. Toute la bonne société londonienne considérait l'Ecosse comme un endroit barbare. Là-bas, les meutes faisaient peu de cas des raffinements des gens diurnes. Les loups-garous des Highlands avaient la réputation de faire des choses atroces et totalement injustifiées, comme porter des vestes d'intérieur à la table du dîner. Lyall frémit à cette idée délicieusement épouvantable."
* * *
"- Oh, Floote, cessez de materner, s'il vous plaît. C'est tout à fait inconvenant de la part d'un homme de votre âge et de votre profession. Je ne serai sortie que quelques heures, et je serai en parfaite sécurité. Regardez.
Elle indiqua le côté de la maison derrière Floote ; deux silhouettes sortirent de l'ombre avec une grâce surnaturelle pour venir se placer à quelques pas du fiacre d'Alexia, de toute évidence prêtes à le suivre.
Floote ne parut pas rassuré. Il renifla de façon tout à fait non majordomesque et claqua avec fermeté la porte du fiacre.
Etant des vampires, les gardes du BUR de mademoiselle Tarabotti n'avaient pas besoin de fiacre. Bien entendu, ils auraient sans doute préféré en emprunter un. Trotter derrère une véhicule public ne faisait pas vraiment partie de la maystique surnaturelle. Mais cela ne leur coûtait aucun effort physique. Aussi fut-ce exactement ce que mademoiselle Tarabotti les obligea à faire, en demandant au cocher d'avancer sans leur laisser le temps de trouver un moyen de transport."
*
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Et donc, ça me fait un jalon de plus dans le Défi Steampunk :
- Technologie uchronique = 0/10 > justement rien d'uchronique, tout me paraît authentique et documenté, là-dessus
- Dirigeables = 4/10 > d'assez loin certes, mais ils font partie intégrante du décor
- Automates = 9/10 > oh que oui, oh que oui.
- Goggles = 4/10 > non mais y'a les verribles
- Machines à vapeur = 3/10 > un peu trop tôt pour le décor général, mais elles ne sont pas absentes malgré tout
- Savant fou = 10/10 > oh voui, oh voui.
- Ère victorienne/Belle Epoque = 10/10 > complètement
- Métal riveté (mécanique) = 4/10 > ouais, on en voit quand même
- Engrenages = 4/10 > idem
- Célébrités d'époque = 3/10 > pas flagrant, hormis la jeune reine Victoria.
Ce qui nous fait donc 55%
au steam-o-mètre, et ça correspond effectivement à mon ressenti: il y a des éléments, une touche de steampunk, mais ça pourrait l'être plus. (n'empêche! ^^)
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Le Sidh, 1: Âmes de verre (Anthelme Hauchecorne)
Depuis La Tour des illusions aux Imaginales 2011, Anthelme Hauchecorne a su attirer et maintenir ma curiosité et mon intérêt: cet auteur a du potentiel, des idées qui me plaisent, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il sait vendre son bout de gras, avec une tchatche infatiguable et fort sympathique dont vous ne pourrez manquer de vous régaler si vous le croisez en festival ^^
Ayant eu la joie et l'honneur de me voir offrir son receuil de nouvelles, Baroque'n'roll (que je n'ai pas encore pris le temps de finir de lire, honte à moi), puis son nouveau roman, joli pavé déjà en gestation ou du moins en projet (je me souvenais du titre) la première fois que je l'avais rencontré, je me suis (cette fois) empressée d'en attaquer la lecture.
« Ce livre vous attendait. Il était écrit que vous feriez sa connaissance. Car peut-être êtes-vous, à votre insu, un(e) Éveillé(e). Auquel cas, vous êtes en grand danger. Les rues de cette ville ne sont pas sûres. Pour vous, moins que pour tout autre. Car les Streums rôdent, à l’affût d’une âme à briser. Je ne vous mentirai pas : vos options ne sont pas légion. Votre meilleure chance de survie git selon toute probabilité entre ces pages.
Qui sont les Streums, demanderez-vous ? Pourquoi convoitent-ils les fragments du Requiem du Dehors? Quel avantage espèrent-ils retirer de cette partition funeste? Si vous ignorez les réponses à ces questions, vous vous trouvez alors face à un choix. Pour lequel il est de mon devoir de vous aiguiller.
Souhaitez-vous rejoindre la Vigie, risquer votre vie et sans doute plus encore, dans une lutte désespérée pour déjouer les intrigues du Sidh ? …Ou bien demeurer parmi le troupeau des Dormeurs, à jamais ?
Pareille aventure ne se présente qu’une fois. Sachez la saisir. »
Enki, enquêteur et logicien de la Vigie
Eh ben je suis épatée. C'est très consistant, on ne le lâche pas facilement, et il y a une certaine forme d'aboutissement du talent...
Tout d'abord, cette répartition entre Dormeurs et Eveillés: ceux qui ont la Vue ou pas, qui voient par-delà les apparences du monde "normal", distinguent les auras de chacun, humains ou streums - ces créatures difformes, vicieuses, malsaines et encore mal connues, même de la Vigie, regroupement d'Eveillés organisés pour les contrer dans cette guerre occulte.
Le monde parallèle intriqué au monde réel, ceux qui le voient et ceux qui ne le voient pas: assez classique, me direz-vous, simple ingrédient du genre fantastique, ou même de fantasy urbaine.
Les streums ou Daedalos, aussi, monstres-croquemitaines, âmes damnées, pompeurs de moral et incarnation du mal à travers les siècles (on notera au passage l'évocation du temps de la peste, sujet de prédilection de l'auteur (voir notamment son texte dans l'anthologie "Hommage à sir Terence") et ça se sent, la passion est communicative): ils recouvrent tellement de choses pré-existantes qu'on pourrait juger le procédé facile.
Mais tout ça est complètement réapproprié, d'une manière très personnelle, et ça crée un univers riche et solidement construit.
J'aime beaucoup l'intégration de divers éléments de culture celtique, aussi - c'est le premier tome d'une trilogie appelée Le Sidh, et c'est pas pour rien - ; et l'aspect régionaliste qui se balade allégrement dans Lille et ses environs, allant jusqu'à glisser du patois lorrain dans la langue fleurie du Craqueuhle.
Ce dernier est justement un protagoniste assez ambigu, streum dans toute sa splendeur... Bon, je me suis douté dès le début de ses véritables motivations, mais il n'en reste pas moins un personnage haut en couleurs qui marque tout du long par sa présence doucereuse et étrange - un délice (si, si
)
Et il y a des scènes de baston absolument superbes - et pas mal de tripaille et de trucs bien gore, y'a des fois où vaut mieux avoir le coeur bien accroché... Je ne suis pourtant pas spécialement adepte de ce genre de choses - quoique, je n'ai rien contre non plus, mais ce n'est pas ce que je recherche, quoi - mais c'est clairement une lecture qui fait exception à la règle: c'est beau!
Par ailleurs, j'ai trouvé difficile de s'attacher aux principaux personnages, alors qu'ils sont pourtant bien construits et dotés d'une psychologie travaillée - mais peut-être justement un peu trop, et j'ai l'impression qu'ils sont desservis par les accès de lyrisme et une certaine grandiloquence qui restent indéniablement la patte du style d'Anthelme... Ce qui a aussi son charme et donne pas mal de merveilles, mais parfois (assez souvent pour le relever, hélàs) c'est juste too much à mon goût.
Par exemple, je n'aime pas cette façon de s'adresser directement au lecteur, de l'interpeller et le prendre à parti pour l'intégrer à sa lecture (voir par exemple la 4° de couv' plus haut) - j'ai jamais aimé ça, et je ne l'aime pas plus ici.
Certains trouvent peut-être que ça rend plus vivant, moi je trouve juste que ça fait trop forcé, et qu'au lieu de rapprocher le lecteur, au contraire ça casse le lien intime qu'il se crée lui-même en mêlant son propre imaginaire, son identité et son ressenti à sa lecture.
Il y a aussi le Codex Metropolis, ouvrage de référence des Eveillés de la Vigie, qui réunit les conseils, témoignages et analyses de ses piliers. Une bonne manière de glisser plus d'infos utiles à mieux saisir le contexte et les implications en jeu, et de faire des interludes - mais là encore, les voix sont trop alpagueuses et forcées, et ces interruptions ont parfois le désagréable effet de couper l'élan et casser le rythme.
Car rythme il y a bien, entre les (més)aventures à train d'enfer, les transitions plus posées, et le tempo de ce Requiem du Dehors, le véritable ennemi et personnage principal de toute l'intrigue, une partition chimérique, maléfique, inconcevable, et dotée d'une vie propre...
Et l'ensemble est malgré tout une fresque superbe, de fantastique urbain glauque, merveilleux et réaliste - saupoudré, que ne l'ai-je précisé, d'un humour certain, de moult références et de réflexions sociales toujours aussi appréciables.
En un mot: ça vaut vraiment le détour.
Et moi j'attend la suite 
* * *
*
"Camille traverse Euralille, le coeur inerte du quartier d'affaires, mégalithe moderne érigé entre les deux gares ferroviaires de la ville. Un ensemble de buildings dont la silhouette évoque quelque gigantesque Goliath pétrifié de béton et de verre, voguant sur une mer figée d'asphalte et de lumière, vaisseau conçu pour fendre les flots sinueux du temps, colosse impassible faisant cap vers l'inconnu."
*
"Enfin, parce que les races de Daedalos sont innombrables, leurs faiblesses le sont tout autant. Ne soyez pas surprise. Il est entendu que certaines armes (popularisées par la littérature et le cinéma) se sont taillé une réputation d'efficacité contre les créatures surnaturelles: ail, argent, eau bénite, feu, soleil... Mais quelle chercheuse minable je ferais si j'en étais restée à de telles évidences? La cuirasse de nos adversaires comporte bien d'autres failles. Me croiriez-vous si j'affirmais que certains Daedalos souffrent d'une allergie mortelle au beurre de cacahuètes, ou à la pâte de spéculoos? D'une intolérance létale au patchouli, ou à la musique country?
Ôtez vos oeillères et laissez vos préjugés aux vestiaires.
Quoi que vous pensiez savoir de nos ennemis, vous n'avez fait qu'effleurer l'épiderme de la réalité. Chaussez vos gants en latex. A mes côtés, vous en explorerez les entrailles."
*
"Quel danger une musique pourrait-elle présenter? murmure-t-elle.
- L'art sauve. L'art tue. L'art est une porte sur d'autres mondes, rauque le Craqueuhle. L'art reste la seule magie à portée des Hommes. En cette matière, votre race compte des virtuoses que vous envient les autres peuples..."
*
"Toutes les connaissances des Onze Piliers résident entre ces lignes. Hé, bas les pattes! C'est l'édition originale. On touche avec les yeux! Il y a du sang et des larmes sur ces pages.
Il y a des lectures qui vous changent à jamais, il paraît. Mais ce bouquin-là, il vous avale, il vous mâchouille et il fait des bulles avec votre cerveau.
Le CODEX METROPOLIS n'est pas exactement un livre, mais plutôt un capharnaüm de papiers divers, variés et avariés ; une pagaille de textes raturés, liés les uns aux autres par un égal mépris de l'orthographe, de la grammaire et par plusieurs kilos de colle industrielle. Un monstre de Frankenstein littéraire, cousu et recousu, aux pages tranchantes et à l'encre qui vous poisse les doigts.
Malheureusement, c'est encore la meilleure source d'informations pour qui espère survivre aux horreurs qui hantent les rues."
*
* * *
Et c'est chez Lokomodo/Misgard/Asgard, petit éditeur-diffuseur qui fait du bon.

[BD] Orbital, 1: Cicatrices (Pellé & Runberg)
Hier et aujourd'hui, il y a l'opération des 48h de la BD. Alors à défaut de pouvoir me déplacer chez un libraire indé à soutenir et dévaliser pour l'occasion, je me suis tournée vers la version numérique de l'évènement, parce que c'est une belle initiative qui part d'une bonne idée, et que c'est toujours cool de pouvoir faire des découvertes gratuitement.
J'ai donc lu en streaming le premier tome de Orbital, le seul dont le graphisme m'attirait autant que le résumé dans la sélection numérique.
Caleb et Mézoké forment un binôme exemplaire : c'est la première fois dans l'histoire de la galaxie que leurs peuples respectifs accèdent à cet honneur.
Les Sandjarr, le peuple de Mézoké, s'étaient tenus à l'écart des instances politiques intermondiales jusqu'à ce que les guerres humano-sandjarr éclatent. Les humains avaient été écartés jusqu'à présent des plus hautes instances.
Leur binôme revêt donc une importance symbolique.
À peine sortis de leurs séances d'entraînement, les voilà embarqués pour leur première mission. Ils partent pour Senestam où un groupe de parias humains tentent d'exploiter illégalement une mine détenue par les Jävlodes.
Bon, c'est peut-être pas exceptionnel, mais c'est de la bonne SF, plutôt bien ficelé et j'aime vraiment le dessin.
J'aime bien cette optique diplomatique, dans un monde interplanétaire où l'espèce humaine est marginalisée, déchue de sa sacro-sainte vision égocentrique par la force des choses.
On touche là à des notions très actuelles d'exclusion, de minorités ethniques, et tout ce qui va avec...
Et un peu d'écologie ne fait jamais de mal, par-dessus le marché.
Il y a un peu de baston quand même, mais la mission diplomatique rend les choses beaucoup plus intéressantes qu'un combat classique...
Et pour tout dire, j'ai bien envie de lire la suite pour savoir comment la situation va se décanter ^^
Le tracé des personnages, la diversité des espèces aliens, et les panoramas de cet univers futuriste spatial me séduisent grandement.
Et l'intrigue et intéressante, avec tous les enjeux politiques et sociaux, et assez bien construite, à mon avis - bien que ça soit un peu court pour vraiment en juger, sur un seul tome qui n'est que la première partie d'un ensemble.
En tous cas, ça s'est très bien lu, et si ce n'est pas la révélation du siècle, ce fut une petite découverte fort sympathique que je ne regrette pas 
Trolls & Légendes 2013
Bon, bon, bon. J'avais pas spécialement prévu d'y retourner, mais pour diverses raisons, ben je suis quand même retournée à Trolls & Légendes (voyage voyage, quand tu nous tiens
).
Mes principales motivations étant de revoir ma duchesse adorée Ayako, revoir et rencontrer des amis, et refaire un concert du Naheulband parce qu'on n'en a jamais de trop, et voir La Horde en concert et m'acheter leur CD - je peux dire que pour tout ça j'ai bien eu mon content, et rien que pour ça ça valait bien tous les efforts et désagréments impliqués ^^
Je suis donc partie le vendredi matin, en speed parce que je me croyais en retard (en fait carrément pas), pour débarquer vers 16h à Lille où j'ai retrouvé ma koko, et le covoitureur que j'avais trouvé par les archives du vademecum.
Du coup, j'ai pu avoir un bref aperçu touristique (mais pas pris le temps de prendre le joli beffroi en photo) et commencer à papoter. Depuis le temps qu'Ayako m'en parlait, j'étais ravie d'enfin mettre les pieds à la librairie des Quatre Chemins, qui a des locaux magnifiques et la particularité très notable d'être spécialisée en SFFF - autant dire le paradis, quoi.


Une fois les pass récupérés, on a laissé l'équipe de la librairie (Ayako incluse, donc) attendre le camion pour aller s'installer à Trolls, et on a récupéré Mat', un ami d'Ayako fort sympathique avec qui j'ai pu bien papoter allègrement.
Avec les billets pré-achetés, on a pu entrer directement dans l'espace concert, et découvrir la déco de tour de scène toute nouvelle de cette année, dont j'avais pu voir passer quelques photos sur FB par les membres du Naheulband dans le train.

© Midnyt (Ghislain) © Tony l'Orc
Dans la fosse, un jongleur occupait l'espace - je me suis même demandé si c'était pas un truc prévu par l'orga pour mieux gérer l'afflux dans la fosse, mais non, simple visiteur - le genre de truc qui peut t'hypnotiser pendant des heures ^^
(j'en reparlerai plus tard, on l'a revu par la suite)
Mais bien vite La Horde est venue démarrer les festivités, avec leur classe internationale et leur talent débridé!
Je les avais découverts en prévoyant d'aller à Cidre & Dragon l'an dernier (même si finalement je n'y avais pas été) et sur FB, où je n'avais vu que leur clip de la 5° danse hongroise de Brahms, ce qui était déjà fort sympathique mais bien à mille lieues du foisonnement de leur répertoire et de leur génialitude en général... Le concert a complètement confirmé et décuplé le coup de coeur!
Déjà l'ambiance musicale en général est superbe, mais quand en plus tu reconnais subitement la chanson de Ali Baba Disney, ou I like to move it, c'est peanuts. Sans parler de leurs très belles versions de Bella ciao et de Drunken sailor.
Aussitôt après on est allés s'acheter leur CD tout juste sorti pour l'occasion, et les faire dédicacer, dans la mesure du possible (y'avait pénurie de marqueurs/stylos) et en papotant un chouïa. Ils ont quand même sacrément mis le paquet pour faire un CD (et un bon CD!) en juste trois mois, histoire de profiter de leur passage à Trolls...
Pendant ce temps, Tator prenait le relai avec une chouette ambiance folk itou, une très belle surprise puisque je n'avais écouté que La brousse que j'avais juste trouvé sympa sans plus, et qui a fait que je m'attendais à quelque chose de plus "reggae de base". Mais non, c'était vraiment du bon folk comme je l'aime - et je ne réalise que maintenant que le violoniste et chanteur (dont la voix faisait un peu penser à Tryo sur La brousse) est aussi celui qui m'a complètement bluffée avec le pur son folk tribal de Rastaban le lendemain soir.
Sur ces entrefaites Sunila est arrivée, et si on s'est croisées 3 fois sans se voir on a quand même fini par établir le contact et ça fait bien plaisir XD
Toutes les deux on s'est rapidement mises à jouer les anguilles pour intégrer la fosse, pour bien en profiter à fond. Et c'était malin parce que ça n'a pas vraiment bougé ensuite pour le Naheulband, du coup on était quand même plutôt bien placées et on a pu bien se lâcher - j'avais mis mon bonnet-casque à barbe intégrée et fait péter mon qwertee de CMOT Dibbler
Ce fut bien sûr énormissime, d'autant plus que Naheul est très lié à Trolls - et moi-même j'avais fait mon premier concert de Naheul justement à Trolls en 2011, quand ils avaient inauguré le poulet-poulet-piou-piou-piou
Et j'avais été aussi avec Sunila aux Imaginales. Donc là c'était vraiment idéal pour ma 4° session de Naheul 

© DragonLady
La petite nouveauté, c'est une paire de lunettes qui paraît-il filment la vision du porteur... Je serais curieuse d'en savoir plus 

© DragonLady
J'ai été super contente qu'ils jouent "Hé la p'tite dame", inédit en concert et un de mes morceaux surkiffés du dernier album
Et à la fin, les gars de La Horde sont revenus pour accompagner le final, très chouette 
(oui, je sais, le son est pourri et le visuel ne vaut guère mieux. mais c'est mieux que rien, nah, d'abord.)
Après je cherchais vaguement Ladyfae et Clémence pour compléter mes dédicaces, mais à la place Ayako a intercepté Ghislain à qui on a soutiré 2 des playlists qu'il avait en main, et il nous as parlé un peu plus de sa récolte de dés pour un projet de jeux de rôles en kit dans les hôpitaux.
En rentrant on a encore papoté, et chez Ayako, ben on avait déjà tellement peu de temps à dormir, que le temps de se poser, et surtout de ne pas pouvoir s'empêcher de blablater encore un peu, qu'on n'a dormi qu'une petite heure à tout casser...
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Le réveil matinal du samedi fut rude.
Même si j'ai miraculeusement échappé à la migraine (ma petite toux de rhume des foins bien chiante a compensé) et que je devais assez tourner à l'adrénaline pour ne pas le ressentir trop durement, il n'empêche que j'avais quand même un peu de mal, normal ^^
Mais j'ai pu me poser un moment chez Allaupi, un autre pote d'Ayako que j'avais déjà pu croiser aux Utopiales, et avec qui j'ai papoté ebook, traduction et édition avec le Trône de fer.
Et hop, nouveau récupérage de Mat' et covoiturage, pour cette fois, commencer le festival en lui-même - et avec un bon 500m de file d'attente dans le froid dès l'ouverture, on est vraiment contents d'avoir le bracelet coupe-file.
Après mon premier petit tour de repérage, j'ai commencé par m'acheter l'anthologie du festival, et à la faire dédicacer par Nathalie Dau, Mathieu Coudray et Denis Labbé:

(et je surkiffe le dessin de Mathieu Coudray, chus fière!)
Après ça, je suis retombée sur Allaupi qui s'est lui aussi pris une anthologie, et on a mis le cap sur Pierre Dubois, tant qu'on en avait le temps et qu'il n'y avait pas trop de monde.
Je crois que c'est par là que j'ai croisé pour la première fois un Rincevent très réussi (on le reverra le dimanche), et on a aussi rempli le questionnaire d'une étudiante, le temps que le grand monsieur finisse son oeuvre dans nos exemplaires respectifs 

(un dessin qui me fait particulièrement plaisir aussi, pile le genre de personnage que j'adore. chus fière bis!)
Dans tout ça on était un peu en retard pour le repas des blogueurs, mais on a pu les rejoindre sans trop traîner à la galerie commerciale juste à côté. J'étais bien contente de revoir Lhisbei et son Mister, Julien le naufragé volontaire, et rencontrer Cachou. Je suis restée scotchée à leur discussion dès que je suis arrivée, parce que bon sang que c'est bon de se retrouver entre blogueurs
Je suis aussi restée avec eux pendant que mes autres comparses partaient de leur côté, ce qui m'a permis de regarder les expos de plus près (voir le diaporama sur le RSF blog, avec moults autres photos du festi) et d'aller papoter de vraiment "près" avec des auteurs et éditeurs (ce que je n'aurais pas pu ou osé autrement pour certains), comme Yal Ayerdhal et Sara Doke, le Monsieur Folio SF, la Madame de Olivier Peru, et bien sûr Jérôme Vincent d'ActuSF qui nous a même fait une petite photo de groupe (que je vais vous épargner tellement on a l'air frais, en mode sardines écrasées).
J'en ai aussi profité pour saluer le libraire des Quatre Chemins (le fameux) (et je dois dire qu'il a effectivement une sacrée classe naturelle).
Et pour m'offrir enfin le premier tome des enquêtes de Lasser, que j'attendais depuis ma découverte de ce personnage dans l'anthologie Plumes de chats, et que j'ai eu l'immense plaisir de me faire dédicacer par l'adorable Sylvie Miller ET le Ward - avec même un petit badge en cadeau (pour les ignares: c'est pas le verbe, c'est le nom du personnage). 
J'ai même eu mon petit moment de papotis avec Anthelme Hauchecorne, toujours aussi bon tchatcheur, et passionnant et prolifique. J'espère pouvoir bientôt chroniquer son Âmes de verres 
Et un petit coucou à l'Atalante (que je ne m'attendais pas à voir ici) pour quelques affaires en cours
Puis les blogueurs sont partis, (apparemment pendant ce temps-là je ratais le boeuf Nalbeukien à l'extérieur, mais bon tant piche), et il était temps pour moi d'aller me positionner à la "Souche" pour voir la première "Monster class" de Tony Verdâtre !
(Et là, j'ai reconnu Ladyfae dans le public, et je lui ai vite demandé une ch'tite signature pour compléter mon T'as pas le niveau
)
Avec les derniers réglages, et une vraie entrée façon boxeur présenté par Ghislain, Tony l'Orc prit donc place avec une dégaine fort Naheulienne, short-chiffon, blancs mollets maigrichons et genoux anguleux à l'appui: juste excellent 
Très vite le ton a été donné (avec le célèbre "défaut d'élocution" de l'Orc) - aux questions de "qui joue déjà un peu de guitare ou banjo", puis "qui envisage d'apprendre la guitare ou le banjo", très peu de mains se sont levées, puis aucune: "d'accord donc en fait ça va chervir à rien, ma machter clache" 
Mais on s'en fout, puisque c'est bien connu: une master class c'est surtout fait pour se la péter, et donc Tony nous a bien régalés en jouant du banjo et de la guitare-démon avec une rapidité et une facilité déconcertante, tout en expliquant quand même un peu et en répétant régulièrement qu'en fait c'est super facile.
(alors pourquoi moi quand je tâte de ma guitare ça fait juste "ploing ploing" en sonnant faux et que j'ai besoin de post-it pour me repérer sur le manche, hin?!) (et accessoirement, pourquoi j'ai pas les moyens de ne serait-ce qu'essayer une guitare-démon à faire riffer rien qu'en la frôlant, hin?! hin?!)
Et evidemment y'a eu pas mal de déconnade et de Naheulbeuk/band dans l'affaire 
La vidéo n'est pas de moi mais y'a une verchion choutitrée par mes choins ichi (pour mieux entendre par-dessus le brouhaha).
Et un autre bout que j'ai fait à l'arrache: avec ou chans choutitres ;
et mon dernier bout de la partie guitare-démon: avec ou chans choutitres itou.
Sunila m'a retrouvée à la fin, et j'ai juste interpellé Ghislain pour lui remettre quelques dés donnés par Ayako suite à l'annonce de la veille, avant qu'on aille se poser sur un banc tout proche, côté bar sous le dragon suspendu (que je n'avais remarqué qu'au retour du restau grâce à une remarque de Cachou ^^).

© Mary © Mary
Ca nous a fait un bon point de repère pour nous réunir. Et repartir explorer le stand de Trollart avec Allaupi (tout juste sorti d'un sacré marathon dédicaces), et traîner un peu jusqu'à ce que les lumières s'éteignent ^^
J'étais déjà bien crevée, mais aux concerts j'ai eu un petit regain d'énergie... Quand Rastaban entame une ambiance orientale et fait péter le didjeridoo, y'a pas, ça transporte
Du coup j'ai refait un peu de fosse avec Sunila...
L'énergie du groupe était communicative, le didjeridoo à coulisse est d'un apport incroyable, et c'est toujours hallucinant de voir un violoniste arriver à jouer tout en sautant partout.
Y'a aussi eu un moment magique quand il a entamé une chanson par un chant-cri pur et puissant, rien de mieux pour prendre aux tripes et subjuguer sur l'instant.
(regardez vers 24:27, et 29:23, 31:04, et surtout surtout à 34:14)
Après ça (et le traditionnel gueulage de "pouleet pouleeet piou piou piou!") je ne pouvais que craquer pour leur CD, même si j'ai appris sur le stand (et en approfondissant maintenant) que ce concert était leur dernier sous leur formation connue précédemment sous le nom d'IlianA, et que maintenant que la chanteuse doit faire un break pour mieux prendre soin de sa grossesse, le groupe va enregistrer une nouvelle version de l'album avec une nouvelle chanteuse, en prenant cette fois le nom de Rastaban.
Sunila a pris congé là-dessus, et j'ai retrouvé Mat' et Allaupi pour la suite, à papoter et profiter de la bonne musique. Sur le moment je ne savais plus quel groupe ça pouvait être, maintenant je peux affirmer que c'était Stille Volk, décidément très bon aussi - notamment une reprise du Prince d'Orange qui m'a filé le frisson
Après ça, je tournais encore à l'adrénaline et je serais bien restée pour Haggard, mais j'avais quand même trop de sommeil en retard, et Ayako m'attendait pour pioncer elle aussi, qui en avait encore plus besoin que moi. Donc zoup, on est rentrés - en chantonnant encore et en parlant de steampunk ^^
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Le dimanche, j'ai copiloté Ayako, toutes fraîches qu'on était après encore une courte nuit (changement d'heure et toux chiante, combo gagnant!).
Du coup, en arrivant j'avais vaguement prévu de retrouver/rencontrer Val et Vanessa du Frat, mais finalement non (et on se sera complètement loupées de toute la journée, mais c'est pas grave, ce ne sera que partie remise ^^).
A la place, j'ai mis mon costume d'A'Tuin (amélioré en 2.0, mais j'ai encore de quoi faire pour les prochaines versions ^^) et j'ai fait mon petit tour en solo, tranquillement.
J'ai enfin trouvé le stand de Rozenn Illiano (dont je surkiffe la boutique Unseelie et que je suis sur FB depuis que je l'ai croisée très rapidement aux Utos en en repartant avec Laure du Miroir) et Xavier Collette (croisé aussi avec Laure, et un jour je m'offrirai son Alice au pays de merveilles), où j'ai pris mon exemplaire du Rêve du prunellier et des joulies cartes
J'ai même rencontré la blogueuse Seelie in Wonderland sur le stand (bon, je croyais connaître mais en fait non, j'ai dû confondre avec un autre blog) ^^
Et juste après, mon blog a aussi intéressé Estelle Faye, à qui je venais acheter un bouquin parce que j'avais entendu Cachou lui parler la veille, et d'une part j'avais appris qu'elle aussi a des racines en Limousin, et d'autre part je m'étais souvenue que j'avais vu passer des bons retours sur ses textes.
J'ai aussi complété mon tour de dédicaces de l'anthologie avec Emmanuelle Nuncq.
Puis j'ai fait quelques emplettes de cartes de Pat Thiébaud, ça devient une habitude ^^

Ensuite, Lulujoy (Marie) est arrivée avec sa comparse Mary (prononcer Merry), et ma foi j'ai passé la suite de la journée avec elles, en fort bonne compagnie donc
On a commencé par attendre Mathieu Gaborit, et j'ai découvert par la même occasion la magnifique nouvelle édition des Chroniques des crépusculaires, toute en cuir et gravures pour un effet à l'ancienne... La classe.
Personnellement, je lui ai fait dédicacer mon anthologie du festival.
Et tant qu'à faire, M'sieur Pierre Pevel était juste à côté, alors j'en ai profité pour encourager Lulujoy à acheter les Lames du Cardinal, et pour feuilleter les illustrations du jeu de rôle que je pense que je m'offrirai même si je n'ai pas l'occasion d'y jouer 
En attendant, le rendez-vous est pris pour Haut-Royaume aux Imaginales...
J'avais prévu une Pizza du Vade-mecum, mais il n'y avait que nous et surtout j'avais oublié un détail anodin mais qui a son importance: on était dimanche... et donc la galerie commerciale était fermée, logique!
On s'est donc rabattues sur le bar du festival.
Ensuite on a fait quelques tours de l'espace des jeux et du marché féérique, et craqué petit à petit nos budgets et un peu plus (
) tout en se régalant les mirettes:

Trolls du Hall © Murielle [Mu²] Babault ~ Déco d'un hobbit's home © Mary

Convent d'enchanteurs © Mary ~ Enchanteur et vrai zoizeau-trobô © DragonLady

crâne-lyre © Mary ~ étrange marionettiste © Murielle [Mu²] Babault ~ un dragonnet aussi peut être LCA © Mary

maman licorne © Mary ~ faune © Murielle [Mu²] Babault ~ Peau-de-bec? © Mary 
danseurs à masques des Cuirs de Belfeuil © Mary

la bouffarde cey la classe © Mary ~ un des deux *vrais* nains croisé sur le festi (so brilliant!) © Murielle [Mu²] Babault ~ équipement steampunk © Mary 
groupement steampunk © Mary
Perso je me suis offert cette illustration steampunk sur support polystyrène:
Et des cartes et ce petit bouquin de Godo (à un moment où il était parti du stand, et j'ai oublié d'y retourner ensuite pour demander une dédicace, tant pis) :
Et puis Mary s'est offert un dragon d'épaule à Trollart (comme le mien, mais que j'avais laissé dans mes sacs chez Ayako, j'ai déjà bien assez de mal à gérer mes sacs de livres etc ^^), et Lulujoy et moi on a flashé sur des diadèmes en cherchant des colliers, en se disant qu'un beau diadème pouvait très bien faire 2 en 1... On est revenues plus tard et on a confirmé la théorie ^^
Dans les allées, j'ai aussi pu attraper ma dédicace manquante du violoneux de La Horde, ô joie 

On a aussi croisé le jongleur du vendredi, costumé en Obélix - très réussi et bien trouvé.
Je me suis offert un livre de Céline Guillaume sur un stand du marché avec l'intention d'aller lui faire dédicacer - mais là aussi j'ai oublié 

On est pourtant revenues traîner du côté des auteurs, pour que Lulujoy récupère sa commande d'exemplaire de l'anthologie "Hommage à sir Terence" et voie les autres auteurs de l'anthologie présents (notamment Anthelme), et puis Nathalie Dau et Mathieu Coudray pour l'antho du festival et une question d'Appel à Textes d'Argemnios...
Et puis je bavais tellement devant une carte en particulier d'une illustration de Mathieu Coudray que Mary et Lulu ont fait la danse du sourcil et se sont liguées pour me l'offrir, c'est cro gentiiil ! 
Et enfin, on a aussi eu de jolies dédicaces de Laurence Péguy.
Je voulais aller à la conférence de David Wenzel, donc j'ai laissé mes 2 comparses peu avant leur propre départ du festi, et j'ai été retrouver Sunila dans une salle de conférence bien vide... Ca m'a étonné, et un peu peinée pour un invité d'honneur et un aussi grand dessinateur que Wenzel. Sunila m'a appris que ça avait été pareil pour la conférence de Ted Nasmith juste avant... Dommage.![]()
(EDIT: retrouvez sur ActuSF l'enregistrement de la conférence avec Ted Nasmith et de celle avec David Wenzel)
Du coup, le public était forcément intéressé et beaucoup de questions étaient très bien vues, même si je m'attendais plutôt à une conférence-fleuve suivie seulement dans le dernier quart d'heure de questions du public, mais bon, pourquoi pas.
La traduction était beaucoup mieux faite que dans mon souvenir à la conférence de Robin Hobb en 2011, cette fois l'interprète était beaucoup plus professionnelle et ne sautait pas la moitié des paroles - même si 2 ou 3 contresens se sont glissés dans le flot. D'après Sunila, ça avait été bien pire pour Nasmith juste avant, et j'ai appris le soir que c'était un des libraires qui avait été bombardé à la dernière minute, donc forcément on fait mieux comme personnel préparé...
Ca restera clairement une de mes principales critiques envers ce festival (et la gestion de la porte de la salle de conf qui laisse toujours à désirer) (et tant qu'on y est: pas assez de signalisation claire des plats servis pour lesquels on fait la queue, un peu plus de points de retraits pour les jetons ne serait pas du luxe, un peu plus d'endroits où s'asseoir et se poser à éparpiller plutôt que juste le bar-sous-le-dragon itou, et un peu plus de largeur d'allées, surtout dans le marché, pour que l'affluence soit moins problématique) (mais d'un autre côté ça fait plaisir de voir autant de monde venir, d'avoir autant de diversité dans les stands aussi, et le service des boissons est nickel), mais bon, c'était bien quand même.
Et aussitôt après, j'ai pu aller me faire dédicacer Bafflerog le sorcier dont je suis une grande fan, dans la nouvelle édition puisqu'il fallait acheter sur l'espace BD pour avoir droit à un ticket de dédicace (et que accessoirement j'avais aussi oublié mes 2 BD chez Ayako).
Et once again, chus trop contente et fière de ma dédicace:
Après ça, on a été se poser au bar, avec Sunila, histoire de reprendre des forces - au son de Virelai, puis de la harpe de Eve McTelenn et son bagpiper timide -, avec de merveilleuses gaufres (je me suis laissée tenter par une au caramel beurre salé que Lulu avait approuvée plus tôt dans la journée, et c'était effectivement une tchuerie) et du glou salvateur. On était bien claquées, toutes les deux...
Finalement, quand Sunila est partie manger au carré VIP et que j'ai commencé à me diriger vers la salle de concerts, Ayako m'a confirmé que je pouvais me joindre à l'équipe des libraires, et je ne me le suis pas fait dire deux fois, tellement je commençais à être vraiment explosée. Tant pis pour les derniers concerts, je n'aurais jamais pu tenir debout jusqu'à Saltatio Mortis de toute façon ^^
Du coup j'ai donné un mini coup de main, je me suis laissée tenter par la belle édition des Crépusculaires de Gaborit (mais oui mais bon, non seulement relié façon cuir à l'ancienne, mais en plus dans un beau coffret avec carte imprimée... et j'aurai bien d'autres occasions de le ramener faire dédicacer!), et j'ai essayé de ne pas tomber endormie dans mon assiette de frites, et de garder mes poumons à l'intérieur de ma pauvre tuyauterie pas loin du bout du rouleau.
Nonobstant le brouhaha ambiant d'une brasserie qui me rend toujours à moitié sourde quand je suis fatiguée, ce fût quand même fort sympathique ^^
Et le retour en voiture aussi, où j'ai bien papoté avec un collègue bibliothécaire. Un dernier coup de main à la librairie pour décharger le camion, et zou au dodo.
C'est que j'avais encore de la route à faire le lendemain, moi... (d'autant plus avec les travaux et le gros merdier à Austerlitz, à attendre dans les courants d'air et tenter de dormir mieux que par pointillés stressés) (malgré tout j'étais relativement fraîche pour mon heure de petite route entre la gare et chez moi, contente de moi sur ce coup-là ^^).
Voilou voilou. Cette fois c'est sûr, j'ai bel et bien l'intention d'y retourner la prochaine fois. Avec deux ans pour économiser, et éventuellement voir à mieux m'organiser (surtout pour dormir un chouille plus que ça), ça devrait le faire!
En tous cas, cette année j'ai passé un gros paquet de bons moments qui valaient bien le déplacement et le mode zombie (mais sans migraine, youhou!) et tout ça ^^
Mais oui mais oui, c’est reparti !
Ouiiii !!!! Ca y est, mon blog est de retour sur la toile! 
Ahlala, ce fut épique... En janvier dernier, mon blog s’est fait pirater et mon hébergeur a suspendu mon compte. Avec l’aide et les conseils de Nico du Miroir, Martlet, Grishka, et le fidèle MoV, j’ai envisagé diverses solutions, et après bien des épisodes et des étapes de boulot, on a trouvé la bonne et tout migré...
Il y a encore quelques trucs à remettre en place, et peut-être (mais j'espère pas) quelques coquilles ou bugs, mais globalement c'est tout prêt à repartir.
Ca m'a manqué, et j'ai vaguement brouillonné en attendant, mais bien sûr ça fait pas pareil, et j'ai plus continué à accumuler les chros à faire que vraiment fait en sorte de m'avancer un peu (comme d'hab', quoi
).
Maintenant que je ne suis enfin plus sans blog, j'ai plein de trucs à raconter et chroniquer de tous les côtés (3 mois d'interruption totale, c'est long), ça y est: j'hyperventile ![]()
Bref, on va donc redémarrer doucement (ou pas), plus ou moins dans le désordre, à la Tortoise ^^
L'odyssée du temps, 1: L'oeil du temps (Arthur C. Clarke & Stephen Baxter)

En un instant, une force inconnue a morcelé la Terre en une mosaïque d'époques, de la préhistoire à l'an 2037. Un gigantesque puzzle qui résume l'évolution de l'espèce humaine.
Depuis, des sphères argentées planent sur toute la planète, invulnérables et silencieuses.
Une poignée de cosmonautes et de casques bleus sont jetés dans cette situation incroyable, les uns dans l'armée d'Alexandre le Grand, les autres aux côtés des hordes de Gengis Khan !
Tous convergent vers Babylone, dont proviennent des signaux radios mystérieux...
Il se trouve que l'an dernier, Terry Pratchett a publié un livre co-écrit avec Stephen Baxter, The Long Earth, donc à force de m'y intéresser pour relayer sur le Vade-mecum (bien que je ne l'aie pas (encore) lu), Baxter ne m'était plus si inconnu, et j'ai reconnu tout de suite un shéma de narration, une similitude dans le scénario.
Ne serait-ce que cette planète morcelée en tranches temporelles qui évoque les univers parallèles, et les personnages de plusieurs époques qui se retrouvent confrontés les uns aux autres dans un monde perturbé.
Malgré tout, cela donne des situations très intéressantes, avec des personnages et des faits historiques qui semblent bien documentés, et pas mal de philosophie des personnages et de réflexions psychologiques, sociologiques, et science-fictives...
*
"Parfois, dans l'austérité de ce lieu antique, ses souvenirs du XXIe siècle semblaient absurdes, des images bariolées parfaitement illusoires et déplacées. Mais l'absence de Myra lui pesait toujours autant.
Ce n'était pas comme si sa fille lui avait été arrachée pour poursuivre sa vie quelque part ailleurs dans le monde. Cela ne lui était d'aucun réconfort d'imaginer quel âge elle aurait maintenant, quelle pouvait être son apparence, où elle devait en être de sa scolarité, ce qu'elles auraient fait ensemble si elles avaient été réunies.
Aucune de ces situations humaines compréhensibles ne s'appliquait, parce qu'il lui était impossible de savoir si elles avaient le moindre repère chronologique en commun.
L'existence de nombreuses copies de Myra sur une multiplicité de mondes fragmentés - dont certains allant jusqu'à comporter des copies d'elle-même - n'était même pas exclue, et comment était-elle censée y réagir?
La Discontinuité avait été un évènement inhumain, la perte que Bisesa avait subie était elle aussi inhumaine et un être humain n'avait aucun moyen de supporter cette perte."
*
Bien sûr, c'est aussi passionnant d'en profiter pour replonger dans notre passé historique, avec des personnalités telles que Rudyard Kipling, Alexandre le Grand ou Gengis Khan ; et des pans archéologiques entiers miraculeusement revenus à la vie sous les yeux émerveillés d'humains d'un lointain futur - mais aussi exposés à des civilisations d'autres époques qui peuvent être des prédateurs aveugles et sanguinaires. Le mélange des civilisations a bien sûr son intérêt, notamment dans de nouvelles batailles.
*
"Mais elle se sentait déprimée en songeant à tout ce passé irrémédiablement perdu ; cette miette d'un mode de vie disparu, sortie de son contexte, n'était qu'une page de plus arrachée à un livre sans titre rescapé d'une bibliothèque anéantie."
*
"Voici pourquoi les humains se font la guerre, se dit-il; voici pourquoi nous pratiquons cette activité aux enjeux immenses: pas pour le profit, ni pour le pouvoir ou pour la conquête de territoires, mais pour ce plaisir intense. Kipling a raison: la guerre est distrayante. Tel est le sombre secret de notre espèce."
*
Malgré tout, c'est un peu faiblard, un peu trop sommaire, ça tourne un peu en rond... Il manque quelque chose, la petite étincelle qui ferait la différence.
En fait l'écriture est assez "américaine", on accumule des clichés et stéréotypes quasi hollywoodiens, et il n'y a pas grand chose en face pour compenser...
Dommage, parce qu'il y a quand même quelques bons ingrédients.

Mais je ne suis pas très chaude pour lire la suite, pour l'instant.

(d'autres romans des mêmes auteurs, en revanche, pourquoi pas!)
Odilon, ma Cybook Odyssey HD Frontlight
D'autant plus que j'avais déjà commencé à me constituer une petite bibliothèque d'ebooks en formats divers, offerts par les auteurs ou les éditeurs sur leurs propres sites, ou proposés dans des opérations à prix quasi nul, etc etc...
J'ai attendu de longs mois, écumé les comparatifs, tests, avis, conseils d'amis, et finalement j'ai opté pour investir un chouïa d'argent de Noël (même si ce n'était quand même pas très raisonnable, mais chut) dans une liseuse Cybook Odyssey HD Frontlight.
Que j'ai reçue peu ou prou le jour de la Saint Odilon, qui s'imposa donc tout de suite comme nom de baptême de ce nouveau préccciieeuuux


Alors, je ne vais pas en faire un test très détaillé comme savent le faire les gens doués pour ça, hein. Ni même une superbe série de chroniques de blog comme l'a fait Imaginelf.
D'ailleurs j'en suis encore un peu à découvrir des astuces plus ou moins par hasard. La recherche google est assez pratique, quand le manuel est lui-même intégré dans la liseuse en ebook, qu'il balaye les généralités sans trop aborder les choses vraiment intéressantes, et que de toute façon on n'a pas trop envie de se le cogner ^^
A part ça, la prise en main est très simple, intuitive et rapide.
Le seul défaut que je lui ai trouvé, pour le moment, c'est l'absence de recherche par mot, ce qui est quand même un gros défaut par rapport à d'autres liseuses de la même génération. Mais je me dis que ça viendra peut-être dans les futures mises à jour du système, qui sait...
Sinon, ça se révèle plus addictif que je ne pensais! C'est quand même hyper pratique pour lire n'importe où et n'importe quand, d'une seule main et sans risquer de casser le dos du livre, très léger et très confortable.
L'e-ink couplée à la frontlight, à l'intensité facilement réglable, est vraiment agréable pour les yeux.
Bon, l'avantage que j'y voyais pour marquer et récupérer mes extraits préférés de mes lectures, et pour annoter mes bêta-lectures, n'est finalement pas aussi pratique qu'escompté (le clavier tactile serait aussi un peu à retravailler, et d'une manière générale ce tactile-là n'est pas aussi hyper-réactif que sur un smartphone), mais c'est déjà une petite révolution de pouvoir les avoir aussi facilement à portée de main!
Et entre les quelques titres de Bragelonne inclus à l'achat, et ce que j'avais accumulé (malgré quelques fastidieuses manips à faire pour la maniaque que je suis sur les titres pas toujours uniformes selon les pdf, notamment), tout à coup c'est une nouvelle PAL entière qui s'offre à moi

Et ça rejoint d'ailleurs tout à fait un des usages que j'y voyais: découvrir des titres que je n'aurais jamais ouverts autrement, avoir un meilleur accès aux classiques, et redécouvrir des valeurs sûres en deux mouvements de doigt

Attendez-vous à en voir la marque dans mes prochaines chroniques de lectures...
Arnaud Tsamere, Jeremy Ferrari et Baptiste Lecaplain au Zénith de Limoges (10/01/2013)
(et là je m'aperçois que ça faisait pas moins de deux ans que je n'étais pas retournée au Zénith, et un an que je n'avais pas revu les copines. Tempus, tu fugit trop vite.)

Arnaud Tsamere, c'est le "Captain Sport Extrême" dans Hero Corp et un des meilleurs talents révélés par "On n'demande qu'à en rire" ; Jérémy Ferrari a aussi fait son temps chez Ruquier avec un humour plus noir ; et Baptiste Lecaplain a un sketch sur l'escrime et les sports ridicules qui tourne sur Rire & Chansons (#mêmepashonte).
Et c'est déjà un beau cadeau de les voir tous les trois pour le prix d'un seul, le même soir, sur le même plateau

C'était la première fois que j'allais au Zénith pour autre chose qu'un concert, et j'étais un peu dubitative sur les conditions que ça pouvait donner... Heureusement, j'ai eu la chance de pouvoir arriver assez tôt (et gloire aux tickets à prix unique et placement libre) pour pouvoir m'installer dans les rangs de la fosse, bien au milieu et sans nuque king size dans ma trajectoire, avec à mes côtés les coupines arrivées tard mais plus vite que prévu: ça frôlait la perfection

Et avec les côtés fermés par des rideaux, on avait un espace somme toute assez proche des conditions d'un théâtre, effectivement.

Les écrans étaient pratiques aussi, d'autant plus que la soirée commence par la projection d'une vidéo où les trois jouent ensemble une scène dans un hôtel, mêlant déjà leurs talents foisonnants traversés d'éclairs de génie, et déjà bien drôle.
On revient à la scène où les trois se campent en chair et en os sous les projecteurs, ça fait son petit effet - surtout Arnaud Tsamere, la tignasse en pétard à un niveau qui dépasse l'entendement et l'air farouche.
Puis on retourne à l'écran, une autre scène d'hôtel, assez succulente, qui se termine habilement avec juste Tsamere et Lecaplain qui présentent et lancent Jérémy Ferrari, qu'on retrouve alors sur scène pour son propre show.
C'est impossible de résumer un spectacle de ce genre, mais en gros, y'a eu quelques extraits de l'Ancien Testament (si, si), une recherche laborieuse d'anecdotes sur Limoges, et du gambadage intempestif.
Je me suis régalée, et mon amûr pour lui s'est grandement décuplé

Après ça, un autre interlude vidéo sur écran, qui débouche sur la vidéo du sketch de Captin America dans "On n'demande qu'à en rire" (ça fait bizarre de le voir là, sur un écran du Zénith), qui débouche sur le sketch réinterprété sur scène... miam!
Et c'est tellement ça, c'est tellement... Tsamere, quoi. Et pas seulement, ça, hin, toute sa partie sur scène, avec du plus inédit et du vif de la soirée. Même si y'a eu aussi du remake du sketch du vaudeville - absolument savoureux, d'ailleurs, et bien intégré à la soirée aussi...
Et pis rah, quel type, je m'en lasse pas

Voilà voilà, nouvel interlude vidéo, et on passe à Baptiste Lecaplain. Et si les deux premiers avaient déjà fait preuve d'une belle énergie pour nous éclater, autant vous dire que lui, il a tout explosé

Trois fois plus de bon mime, d'impro, de rebonds sur le public, et de délire général.
A base de colloc', de jet de douche, de crabe de poissonnerie, d'Etienne Daho de supermarché, et de mini-poneys en warning...
Et puis il est encore plus jubilatoire que les deux autres, à déclarer et montrer qu'il se fait marrer tout seul dans ses délires chopés au vol, on sent encore mieux à quel point il prend son pied dans son truc.
J'étais déjà bien bidonnée, mais là c'était fou rire sur fou rire, un truc de dingue

Pour finir, on repasse à l'intermède du petit feuilleton des artistes à l'hôtel, mais c'est pas encore la fin: on revient à la scène, où les trois sont dûment acclamés pendant leur salut.
En guise de rappel, ils reviennent ensuite avec manteaux et valises en s'engueulant à propos d'une sombre histoire de chauffeur de bus parti fâché, et traversent le public là-dessus.
Au final, une dernière vidéo sur les écrans boucle la boucle, et voilà, c'est fini...
Et j'ai passé un moment extraordinaire, ils sont juste excellents et très beaux et triplement géniaux

(et gne veux le refaaaiiiire!!! et les voir après en dédiz-papotis!!!)
Anno Dracula (Kim Newman)
Je l'avais dégoté avant que Bragelonne le réédite avec sa nouvelle couverture à tomber...
J'ai fini par le sortir des tréfonds de ma PAL, celui-là aussi, pour lui faire un sort en une traite.

Le comte Dracula n’est pas mort à la fin du roman de Bram Stoker. Il a épousé la reine Victoria, et règne sur la Grande-Bretagne. Chaque soir, au crépuscule, les non-morts poursuivent les sang-chauds pour leur donner "le baiser des Ténèbres" et boire le sang qui leur assure l'immortalité. La terreur règne, toute révolte est impitoyablement réprimée, mais un mystérieux tueur au scalpel d'argent, en s'attaquant aux prostituées vampires, menace la stabilité du nouveau régime.
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C'est un postulat ambitieux, mais tout à fait réussi! Enfin, quand on connaît le Dracula de Bram Stoker, sinon je doute qu'on puisse l'apprécier à sa juste valeur.
Personnellement, c'était pile ce qu'il me fallait pour me refaire aimer ce classique, puisque les longueurs et miévreries d'époque sont ici complètement effacées pour ne garder que le meilleur, en développant même les personnages dans des directions très intéressantes et crédibles.
On ajoute à ça l'uchronie d'un règne vampire sur une Londres victorienne très bien plantée, en croisant au passage bon nombre de personnalités fictives ou historiques avec jubilation - il ne manque que la dimension mécanique pour en faire du steampunk -, et une intrigue bien ficelée et captivante qui rejoue la déjà passionnante affaire de Jack l'Eventreur dans une version complètement réappropriée, dans un style que j'ai trouvé très bon: c'est juste que du bonheur!
Et puis les personnages de Beauregard et Geneviève sont hyper attachants et classy...
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"La vampire se mordilla la lèvre inférieure, et pendant une seconde elle offrit l'image d'une sérieuse adolescente de seize ans vêtue d'une robe destinée à une soeur aînée plus frivole. Puis sa personnalité plusieurs fois centenaire reprit le dessus."
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"- Une arme assez onéreuse, certainement?
- C'est exact, Mr B. Ceci est le modèle Reid, du nom du gentleman yankee qui a dit que les balles devaient être chères, pour rappeler que la vie n'est pas une denrée qu'on doit gaspiller.
- Une pensée admirable. Et étonnante de la part d'un Américain...
[...]
"Beauregard dénoua les ficelles et ouvrit le carré de toile. Sa canne-épée avait été polie et laquée. Le bois noir luisait doucement d'un éclat parfait.
- Il est bien agréable de voir une telle qualité d'ouvrage, Mr B. L'homme qui l'a fabriquée était un véritable artiste.
Beauregard appuya sur le minuscule cliquet, dégaina l'épée et posa le fourreau de bois. Un mouvement de son poignet et la lame effilée accrocha les reflets rougeoyants des charbons dans la forge. Le poids était inchangé, l'équilibre parfait. L'épée ne pesait presque rien dans sa main, mais un geste et elle pouvait tuer. Beauregard la fit siffler dans l'air en souriant de contentement.
[...]
- Je vais vous demander une faveur, dit l'orfèvre. N'utilisez pas ce bijou pour découper des saucissons."
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Et y'a aussi quelques touches d'humour qui complètent bien le tableau

Sinon, au début je ne me souvenais plus trop des détails de l'oeuvre de Stoker, et tout du long j'ai eu un peu de mal à resituer qui était qui et tout ce que ça impliquait pour l'intrigue. Du coup je me suis beaucoup laissée porter, et malgré les indices plutôt flagrants je me suis demandé jusqu'au bout qui était le vrai coupable...
Mais c'est surtout l'ambiance qui est géniale.
Tous les mythes du vampire sont réunis avec intelligence pour n'en former qu'un, avec plusieurs stades qui distinguent les différentes caractéristiques, et les variations de comportement - tout y est, et ça coule tout seul.
L'invasion vampire et son impact sur la société victorienne est très bien réfléchie et poussée jusqu'au bout, c'est très intéressant aussi.
Les deux sont présentés avec pittoresque mais sans complaisance, la bestialité des vampires comme la misère et les travers de cette Londres ne sonnent pas faux, ce n'est pas là juste pour le décor.
C'est vivant et réaliste, voilà. Et y'a même des jolies petites réflexions quand l'occasion s'en présente...
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"L'étalage de l'autre boutique étincelait de toutes ses pierres précieuses ornant bagues, bracelets et broches en forme de chauve-souris, de crâne, d'oeil, de scarabée, de dague, de tête de loup ou d'araignée ; ce genre de colifichets était très prisé des non-morts qui se qualifiaient eux-mêmes de "gothiques". Les Londoniens de la rue leur avaient fabriqué un surnom tout exprès: "les gargouillardins". Les habitants de Soho étaient nettement plus excentriques que leurs cousins désespérées de Whitechapel, et parmi eux les gothiques portaient une attention toute particulière à leur apparence."
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"Charles, dit Geneviève, presque un mois s'est écoulé depuis le "double évènement". Peut-être que ce cauchemar est terminé?
Beauregard secoua la tête avec une moue dubitative. (...)
- Non. Les bonnes choses prennent fin d'elles-mêmes. Les mauvaises doivent être interrompues."
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Et, bien sûr, on ne se prive pas d'une bonne psychologie des personnages, particulièrement intéressante dans ce contexte et avec toutes ces données en jeu, notamment les personnages repris de Stoker et tout spécialement vers le dénouement. Là encore, le style me met en joie.
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Bref: c'est clairement mon premier gros coup de coeur de l'année!
Et j'ai une raison d'avoir bien envie de mettre la main sur les suites et les autres titres de cet auteur, maintenant

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Bon, pour la forme, je le passe au steam-o-mètre du Défi Steampunk :
- Technologie uchronique = 0/10 > rien...
- Dirigeables = 0/10 > non...
- Automates = 0/10 > non plus
- Goggles = 0/10 > nope
- Machines à vapeur = 0/10 > je ne crois pas
- Savant fou = 5/10 > oui!
- Ère victorienne/Belle Epoque = 10/10 > complètement
- Métal riveté (mécanique) = 0/10 > hmm non...
- Engrenages = 0/10 > idem
- Célébrités d'époque = 10/10 > fictives, mais oui!
Ce qui nous fait donc 25%
au steam-o-mètre, et effectivement c'est surtout victorien plutôt que steampunk.
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La Dernière Heure du Lapin Blanc: 25h02
Petit à petit j'y ai été de moins en moins active, puisque j'ai passé de plus en plus de temps à faire des voyages et des rencontres géniales (dont je n'ai pas encore raconté les trois quarts) et à m'occuper du Vade-mecum.
C'est une tendance qui ne va probablement pas s'inverser de sitôt, mais j'aime trop mon blog pour le délaisser complètement, et je n'ai toujours pas envie de repasser à des avis-flash. Je vais donc continuer à faire mes p'tites chroniques, au rythme où je peux, comme je peux

Je ne ferai plus de point mensuel, mais peut-être encore quelques Rendez-Vous du Lapin Blanc, de manière plus erratique, juste quand j'aurai envie de faire un petit point en cours d'année, ou quoi que ce soit.
Il faut dire aussi que les réseaux sociaux m'ont ouvert une autre façon de partager les p'tites conneries du quotidien, des choses plus personnelles et les instantanés et anecdotes qui n'ont pas trop leur place sur mon blog mais qui le nourrissaient quand même en partie (surtout à ses tout débuts, il y a 6 ans, et sur ses deux premiers hébergements). D'ailleurs je n'ai jamais fini mes déménagements de blogs, mais pour une bonne partie des articles de ces périodes-là, j'avais seulement trié ou archivé de manière privée.
Du coup, le TiTree s'est naturellement recentré sur plus de chroniques culturelles, et le manque de temps s'en est mêlé...
Une de mes résolutions est de ne plus du tout m'engager dans les challenges, défis, etc, tant que la chronique que je comptais faire pour ça n'est pas bouclé et prête à mettre en ligne.
J'archive mes plus vieux et je ne garde que ceux qui ne sont pas limités dans le temps et que j'ai encore un petit espoir de remplir.
Au moins le temps que je rattrape toutes mes chroniques en plan...
Je ne tiens plus vraiment à jour mes Lectures en cours/à chroniquer/PAL, mais j'aurais eu au moins 40 lectures à chroniquer avant la fin de 2012.
Quoi qu'il en soit, mes chroniques de cette année passée s'élèvent à 30 pile poil, exactement ce que j'avais prédit il y a quelques mois au vu de ma baisse d'activité et de mon constant manque de temps. Ce qui me rassure, c'est qu'en comptant les non-chroniqués je reste bien dans les cinquantaine/centaine qui faisaient mes habitudes de lectures annuelles

Et j'ai eu pas mal de coups de coeur dans tout ça, dont quasiment toutes les lectures SFFF qui restent majoritaires.
Mention spéciale à Vincent Gessler, Delphine de Vigan, Nausicaä de la vallée du vent, le Paris-Londres de Sfar, les Chroniques du pays des mères, Un sale boulot de Christopher Moore, Les voies d'Anubis de Tim Powers, Les pilleurs d'âme de Laurent Whale et World War Z




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Les Heures du Lapin Blanc ont sonné en 2012:



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Rapide récap' des IRL:
janvier: euh, rien
février: rencontre d'une presque-voisine pratchettienne
mars: expo Peintres naïfs
avril: accueil de Laure du Miroir
mai: expo Benjamin Lacombe, Angleterre et Spring Fling de Wincanton, week-end de jeux Disque-monde à Lyon
juin: Imaginales, colloque SFFF à Paris, Vademecumade à Toulouse
juillet: Nuits d'Eté de Guéret, Japan Expo, vacances Fondues dans l'Aveyron
août: BlogDay de Snow, dernier voyage de RCW
septembre: accueil de Linou, Biennale fantastique
octobre: courte visite à Toulouse, Journées de la Laine à Felletin
novembre: Utopiales, Paris-Londres-Hogswatch à Wincanton
décembre: fêtes en famille et petit tour à Dijon
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Rapide récap' vidéo:
- le Chat Potté (Puss in boots)

- Hollywoo

- Sherlock Holmes, 2: Jeu d'ombres

- l'Enfant Lion

- Dark Shadows

- Holy motors

- Du vent dans mes mollets

- Juno

- La vie de Brian
- Abraham Lincoln, chasseur de vampires

- le Hobbit, 1: Un voyage inattendu

- Dr Who 608 Let's kill Hitler
, Les enquêtes de Murdoch, NCIS* *
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Livres lus et chroniqués:
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Littérature SFFF: 16
- Chroniques du Pays des Mères (Elisabeth Vonarburg) (jan. 12)



- Cygnis (Vincent Gessler) (fév. 12)


- Utopiales 2011, anthologie (collectif) (mars 12)


- Elle qui chevauche les tempêtes (George R.R. Martin & Lisa Tuttle) (mars 12)


- Léviathan, 1: La Chute (Lionel Davoust) (mai 12)



- Un sale boulot (Christopher Moore) (juin 12)


- Mimosa (Vincent Gessler) (juil. 12)



- Les voies d'Anubis (Tim Powers) (juil. 12)



- Martiens, go home! (Fredric Brown) (juil. 12)


- En route pour la joie (Solenne Pourbaix) (juil. 12)



- Les pilleurs d'âmes (Laurent Whale) (août 12)



- Abraham Lincoln, chasseur de vampires (Seth Grahame-Smith) (août 12)



- World War Z(Max Brooks) (sept. 12)


- Lignes de vie (Graham Joyce) (sept. 12)



- Dodger (Terry Pratchett) (déc. 12)



- Bilbo le Hobbit (J.R.R. Tolkien) (déc. 12)



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Littérature générale, policière, jeunesse: 8
- Chronique d'un château hanté (Pierre Magnan) (fév. 12)


- Les heures souterraines (Delphine de Vigan) (fév. 12)


- Dehors, il fait beau... hélàs! (Patrick Sébastien) (avr. 12)


- Rien ne s'oppose à la nuit (Delphine de Vigan) (avr. 12)


- Le poil et la plume (Anny Duperey) (avr. 12)


- L'Ombre du vent (Carlos Ruiz Zafon) (août 12)


- Une place à prendre (J.K. Rowling) (nov. 12)



- No et moi (Delphine de Vigan) (déc. 12)


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Littérature graphique: 6
- Paris-Londres (Joann Sfar) (jan. 12)


- Poulet aux prunes (Marjane Satrapi) (fév. 12)


- [manga] Nausicaä de la vallée du vent, 1>7 [complet] (Hayao Miyazaki) (mars 12)


- De l'autre côté (Simon Schwartz) (juin 11 + avr. 12)




- L'invention de Hugo Cabret (Brian Selznick) (avr. 12)


- [BD] Dieu qui pue, Dieu qui pète (Fabien Vehlmann & Frantz Duchazeau) (déc. 12)



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Voilà.
Si vous êtes encore là après tout ce pâté, bravo, et merci à vous qui me suivez, et Très Bonne Année 2013 à vous!
Qu'elle soit pleine de bonnes lectures, de partages et de rencontres!
L'Heure du Lapin Blanc: 23h21 (décembre)
Avec ces 4 livres lus et/ou chroniqués:
- [BD] Dieu qui pue, Dieu qui pète (Fabien Vehlmann & Frantz Duchazeau)



- No et moi (Delphine de Vigan)


- Dodger (Terry Pratchett)



- Bilbo le Hobbit (J.R.R. Tolkien)



Et le film qui allait avec:
- le Hobbit, 1: Un voyage inattendu (Jackson, Steve)

Maigre reprise, mais chuis plutôt contente de moi
Le point annuel devrait suivre assez vite.

Bilbo le Hobbit (J.R.R. Tolkien)

Je le préférais déjà au Seigneur des Anneaux, et c'est toujours le cas. Peut-être parce qu'on y voit plus les nains et Bilbon qui m'est plus sympathique que Frodon, et Gandalf avant qu'il soit trop Mithrandir (comme je préfère Grand Pas avant qu'il soit trop Aragorn). Peut-être aussi du fait que c'est plus ciblé jeunesse et que ça se ressent dans le rythme et un peu dans le style.
Malgré tout, ça a beau être plus "light" que le SdA, c'est quand même très dense, j'avais oublié à quel point! C'est incroyablement foisonnant, on va tellement d'aventure en aventure que rien que ce petit bouquin justifie bien une trilogie de films à lui tout seul, tout compte fait (et d'autant plus si on étoffe avec d'autres sources, mais ceci est une autre chronique).
Du coup, par moments on frôlerait presque la saturation, et bon nombre d'épisodes de transition, où le voyage se poursuit dans l'expectative ou sans action notable, en deviennent longuets.
Avec ça, je me suis retrouvée à tiquer sur certains éléments de la traduction (comme "Combe Fendue" pour Fondcombe), mais il n'y en a finalement pas tant que ça qui piquent vraiment et dans l'ensemble c'est tout à fait acceptable (comme l'indique aussi le très bon comparatif d'Acta Est Fabula).
Sinon, j'ai retrouvé avec jubilation cette petite touche d'ironie espiègle que Tolkien distille parcimonieusement - et toujours accompagnée d'au moins une graine de sagesse (qu'on retrouve à tout bout de champ, celles-là), souvent à travers Gandalf, mais aussi par des pirouettes de narrateur...
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"- Cela ne servirait à rien, dit le magicien, tout au moins sans un puissant guerrier, pour ne pas dire un héros. J'ai essayé d'en trouver un ; mais les guerriers sont occupés à batailler entre eux dans des pays lointains, et dans cette région les héros sont rares, sinon introuvables. Par ici, les épées sont pour la plupart émoussées, les haches, on s'en sert pour les arbres, et les boucliers servent de berceaux ou de couvercles de plats ; quant aux dragons, ils se trouvent à une distance tout à fait rassurante (et partant, relèvent de la légende.) C'est pourquoi je me suis décidé pour le cambriolage: surtout quand j'ai repensé à l'existence de cette petite porte. Et voici notre petit Bilbo Baggins, le cambrioleur, le cambrioleur choisi et trié sur le volet. Ainsi donc, poursuivons et dressons des plans."
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"Assurément, Bilbo était dans une position critique. Mais, il faut se le rappeler, elle n'était pas tout à fait aussi critique pour lui qu'elle l'eût été pour vous ou moi. Les hobbits ne sont pas entièrement comme les gens ordinaires ; et, après tout, si leurs trous sont des endroits agréables et gais, bien aérés et très différents des tunnels de gobelins, les hobbits sont cependant plus que nous habitués aux souterrains, et ils n'y perdent pas facilement le sens de la direction - c'est-à-dire une fois leur tête remise des heurts. Ils sont capables aussi de se déplacer en grand silence, de se cacher aisément, de se remettre merveilleusement des chutes et des contusions, et ils possèdent un fonds de sagesse et d'adages que les hommes n'ont pour la plupart jamais entendus ou qu'ils ont depuis longtemps oubliés."
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"Enfant, il avait accoutumé de s'exercer à lancer des pierres sur les choses, au point que les lapins, les écureuils et même les oiseaux déguerpissaient comme l'éclair dès qu'ils le voyaient se baisser ; et, même adulte, il avait encore passé une certaine partie de son temps à jouer au palet, aux fléchettes, au tir à la baguette, aux boules, aux quilles et autres jeux tranquilles qui consistent à viser et à lancer - en fait, il savait faire une foule d'autres choses que souffler des ronds de fumée, poser des devinettes et faire la cuisine, bien que je n'aie pas eu le loisir de vous en parler. Je n'en ai pas le temps à présent."
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Je suis toujours passionnée aussi par le peu qu'on entrevoit du passé de Gollum, qui donne bien envie d'en savoir bien plus...
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"Les énigmes étaient tout ce qui se présentait à son esprit. En poser et parfois les deviner avait été le seul jeu qu'il eût jamais pratiqué avec d'autres drôles de créatures dans leurs trous, il y avait très, très longtemps, avant qu'il n'eût perdu tous ses amis et n'eût été chassé, seul, et qu'il se fût glissé, descendant toujours plus loin, dans les ténèbres sous la montagne.
[...]
Il y avait longtemps, très longtemps qu'il était sous terre et il oubliait ce genre de choses. Mais juste comme Bilbo commençait à espérer que le misérable serait incapable de répondre, Gollum se remémora des souvenirs d'un temps infiniment lointain, de l'époque où il vivait avec sa grand-mère dans un trou creusé sur la berge d'une rivière: 'Ss, sss, mon trésor, dit-il. Le soleil sur les marguerites, ça veut dire, oui.'
Mais ce genre d'énigmes banales à la surface de la terre étaient pour lui fatigantes. Elles lui rappelaient aussi un temps où il était moins seul, moins furtif, moins méchant, et cela le mit de mauvaise humeur."
*
Et puis il y a cette fameuse scène de "vrai courage", dans la confrontation esquivée par simple humanité et bonté d'âme - bien que les questions d'honneur et d'équité du combat agaçent un peu la pratchettienne que je suis - qui est encore plus forte que dans le film de Jackson (dont le raccourci pâtit de son stéréotype hollywoodien).
*
"Le hobbit cessa presque de respirer et se raidit lui aussi. Il était aux abois. Il lui fallait absolument s'échapper de ces horribles ténèbres pendant qu'il lui restait un peu de forces. Il devait se battre. Il devait transpercer cet être répugnant, éteindre ses yeux, le tuer. L'autre voulait le tuer, lui. Non, le combat n'était pas loyal. Il était invisible, à présent. Gollum n'avait pas d'épée. Gollum n'avait pas positivement menacé de le tuer, ni encore tenté de le faire. Et il était misérable, seul, perdu. Une compréhensio soudaine, une pitié mêlée d'horreur s'élevèrent dans le coeur de Bilbo: il vit la suite interminable de jours non marqués, sans lumière, sans aucun espoir d'amélioration, la pierre dure, le poisson froid, les mouvements furtifs, le chuchotement. La pensée de tout cela lui traversa l'esprit en une seconde. Il frémit. Et alors, en un autre éclair aussi rapide, comme soulevé par une nouvelle force et une nouvelle résolution, il bondit."
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Et tant d'autres épisodes de l'Aventure avec un grand A que Blibon expérimente pour la joie de son côté Touque et le déplaisir de son côté Sacquet, tant d'autres personnages soigneusement taillés (ah, Beorn), et de ruses et d'astuces...
Smaug n'étant pas des moindres, le vieux dragon qui m'avait beaucoup marquée dans son image de ver puissant et redouté, dormant des siècles sur un trésor considérable en guise de couche (jusque là très traditionnel), mais surtout doué de parole, intelligent et roublard tel le Malin (oups, ça m'a échappé).
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"Alors, il vit que la coupe manquait. Au voleur! Au feu! Au meurtre! Pareille chose ne s'était jamais produite depuis sa venue même à la Montagne! Sa rage passe toute description - c'était le genre de rage des gens riches qui, possédant bien plus que ce dont ils peuvent jouir, perdent soudain ce qu'ils avaient depuis longtemps sans jamais s'en servir ou sans en avoir jamais eu besoin."
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L'épisode final à Esgaroth m'a rappelé pourquoi la couverture de cette édition montre un archer ringard échappé des Gipsy King que je prenais pour une mauvaise représentation de Bilbo sans avoir le souvenir de son implication dans une scène de ce genre - mais en fait non, tout s'explique et c'est normal

Après, Tolkien a quand même un peu de mal à se séparer de son histoire et ça s'éternise un peu sur la fin, envahie de filets d'informations sur l'après, la vieillesse et pourquoi pas la descendance de tout ce et ceux qu'on a suivis pendant l'aventure ; ça me chiffonne toujours un peu tellement j'aime les fins assez ouvertes pour laisser la place à l'imagination pour mieux s'approprier le livre, mais l'univers de Tolkien est tellement riche que c'est toujours intéressant d'avoir quelques détails en plus.
J'en retiens quand même l'extrême densité - je ne me souviendrai jamais de tout, et ça pourrait bien être l'occasion de passer à la V.O. à l'avenir - mais aussi le suspense bien maîtrisé: j'ai oscillé bien des fois au gré des humeurs de la compagnie, de leurs péripéties et de leurs réussites, sans oublier les quelques larmes que j'ai vraiment versées (et c'est assez rare chez moi pour être une échelle de valeur) sur un détail du dénouement - une chose est sûre, quand je regarderai ça au ciné, je serai à ramasser à la petite cuillère. {moshide hidden SPOILER (voir) |SPOILER (cacher)}(je parle de la mort de Thorïn, Fili et Kili) {/moshide}
Ce fut un vrai plaisir de relecture, en tous cas, avec un petit passage par le groupe de marathon lecture sur Facebook initié par Arcaaléa et qui semble être bien parti pour se renouveler chaque week-end - un bon moyen pour retrouver d'autres lecteurs au même moment












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