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Dr Who 609 Night Terrors
Je l'ai dit, et redit, et redit, et redit encore, depuis plus d'un an, mais après contretemps, manque de temps, et procrastination, j'ai fini par le faire: ça y est, j'ai démarré mon rattrapage de Dr Who !
J'en étais donc restée à cet épisode des freaky dolls, dont je me souvenais que le trailer me faisait craindre pas mal de crispation angoissée.
En fait, ça va, j'ai pas bondi derrière ma chaise, même si les effets sonores et musicaux ont bien joué.
Mais je dirais quand même que c'est un petit épisode de transition, relativement classique, pas aussi chargé que je m'y attendais - ce qui n'est pas plus mal pour ma reprise !
"Today, we're answering a cry for help from the scariest place in the universe - a child's bedroom."
Nous voilà avec un petit garçon qui a peur du noir, tellement que sa maman doit satisfaire à ses tocs avant d'éteindre la lumière pour la nuit, et lui répéter que "tout ce qui [lui] fait peur, on le met dans le placard".
Mais le gamin reste terrifié, et son appel mental de détresse parvient au Tardis, qui dépose le Doctor, Amy et Rory vers un immeuble.
Pour trouver le bon appartement, les voilà qui se coltinent du porte-à-porte 

"Hey! Any luck?
- Three old ladies, a traffic warden from Croatia and a man with ten cats.
- What are we actually looking for?
- Ten cats! Scared kid, remember.
- I found scary kids. Does that count?"
Le Doc finit par trouver le bon, rencontrer le papa dépassé, feuilleton l'album photo familial, discuter avec le petit George...
"Pantaphobia. That's what it's called. Pantaphobia. Not a fear of pants though, if that's what you're thinking. It's a fear of everything... including pants, I suppose, in that case... Sorry. Go on."
"Great! Reading's great. You like stories, George? Yeah? Me, too. When I was your age, about, ooh... a thousand years ago, I loved a good bedtime story.
The Three Little Sontarans. The Emperor Dalek's New Clothes. Snow White And The Seven Keys To Doomsday, eh? All the classics."

...puis examiner le placard au screwdriver et prendre la mesure du problème: "monsters are real".
Pendant ce temps, Amy et Rory se font emporter par l'ascenseur à l'intérieur d'une maison sans lumière, où tout est en bois, et légèrement flippant.
Le Doc et le papa ne tardent pas à les rejoindre quand le placard s'ouvre...
Tout comme le proprio et la vieille voisine qui font peur à George.

Arrivés là, le Doc fait tout de suite le rapprochement entre le mobilier fake et une maison de poupées, certainement le support qu'a trouvé le gamin pour repousser ses peurs - sauf qu'il n'est pas un petit garçon ordinaire...
"A cuckoo. A cuckoo in the nest. A Tenza. He's a Tenza. Millions of them hatch in space and then whoomph! Off they drift, looking for a nest. The Tenza young can sense exactly what their foster parents want and then they assimilate. Perfectly."
De leur côté, Amy et Rory voient les poupées flippantes à l'oeuvre: ceux qu'elles touchent deviennent des poupées de bois à leur tour.
(grosse pensée pour le Coraline de Neil Gaiman)
Et très vite, le Doc et le père sont confrontés à la même menace. Et le sonic screwdriver n'a aucun effet, bien sûr ^^
"A gun? You've got a gun?!
- It's not a gun. Wood! I've got to invent a setting for wood. It's embarrassing."
L'impro wtf: activités manuelles version géantes.
Alors que dans leurs fuites, ils finissent par se rejoindre tous dans les escaliers, et que la situation commence à devenir critique, le Doc comprend que le gamin est la clé de tout.
Et le papa, aussi, dont les hésitations auraient bien pu perturber l'atavisme d'intégration du petit Tenza...
Et tout est bien qui finit bien, quand la maman rentre du travail tout va beaucoup mieux et c'est arrivé "comme ça", grâce au "Doctor" qui a été "envoyé" ^^
Voilà voilà. Donc juste un p'tit épisode sympa comme ça.
Le Hobbit, 1: un voyage inattendu (film)
J'ai souvent voulu les relire, mais je ne l'avais jamais fait... Même pas après les films, ni quand il y a eu un challenge blogueur, ni en apprenant que Peter Jackson allait rempiler sur le Hobbit.
Mais j'ai fini par m'y mettre, même si c'était seulement 2 jours avant la seule séance du film où je pouvais aller ^^ et ça m'a permis quand même de bien me remettre dedans, il s'est même trouvé que j'avais réussi à relire Bilbo le Hobbit (presque) pile jusqu'au moment où s'arrête ce premier volet de trilogie.

J'ai beaucoup, beaucoup aimé

C'est d'abord un immense bonheur de retrouver la Comté et les très confortables trous de hobbits
Et Bilbon, que je préfère à Frodon, et bien sûr Gandalf... Et bon nombre de scènes succulentes de ce livre pour lequel j'ai une affection particulière, plus encore que le Seigneur des Anneaux.La très bonne idée pour faire 3 films d'un livre si court, par rapport au SdA, c'est d'y avoir ajouté des éléments du Silmarillion, des Contes et légendes etc... Ca apporte beaucoup plus de force à l'intrigue, puisqu'on s'attarde sur l'histoire des nains d'Erebor, comment le fief fut perdu et la Moria disputée du temps de Thror et de Thraïn, puis le peuple réduit à errer et survivre, jusqu'à ce que Thorin entreprenne cette quête avec les plus loyaux d'entre eux pour tenter de reprendre le royaume sous la Montagne et régler ses comptes avec le grand ver Smaug...
Il y a des moments très émouvants là-dessus.
Et puis j'ai aussi une affection particulière pour les nains, et je me suis bien régalée avec ceux-là, que j'ai trouvé très bien rendus et ingénieusement diversifiés dans le look
C'est d'ailleurs bien pratique pour les identifier, grâce à une merveilleuse antisèche 

(j'dois dire que je suis en amour pour Kili. et pour Bofur. et je kiffe le délicat jeu de noir et blanc de la toison de Bifur. et Thorin n'est pas trop mal non plus)
Parmi les scènes les plus jubilatoires quand on s'est déjà bidonné dessus dans le bouquin, le tout début où les nains débarquent chez Bilbo qui se voit envahir dans ses petites habitudes de hobbit casanier est assez réussi




(toi pas faire chier Dwalin. Dwalin vider le garde-manger être normal.)
(et nains faire le service et la vaisselle aussi, alors calmos!)

Bien sûr, il y a aussi le fameux contrat à rallonge, et puis le refus, et finalement le départ précipité, bien qu'un peu différent du livre mais très proche


Et si l'aventure est inconfortable, elle a aussi ses merveilles...
Comme Fondcombe, où Bilbo se délecte de la compagnie des elfes - que les nains goûtent moins - et où Gandalf a une réunion au sommet avec Elrond, Galadriel et Saroumane, qui laisse présager des évènements du Seigneur des Anneaux.

Et puis il y a Glamdring, Orcrist et Dard (qui m'avaient fascinées à l'époque de ma première lecture - je sortais de ma première grosse période de ldvelh, aussi ^^), et Radagast qui m'a bien fait tripper même s'il doit faire grincer les dents de plus d'un puriste, avec ses n'hérissons trop choupignous, son attelage de super lapins que je veux le même, et son goût immodéré pour les champignons


Et puis de la marche, des batailles, des histoires au coin du feu, un duel d'orages (avec petite baston de géants rocheux en bonus wtf-mais-trippant), Gollum-gollum et le concours de devinettes, les Seigneurs des Airs, et des pièges, de la ruse, des doutes et de la fidélité...



Le seul défaut qui m'ait un peu chiffonée, c'est le côté trop hollywoodien qui ressort par moments, avec du mélo et de l'héroïsme trop accentués et terriblement convenus, et des scènes trop marquées de stéréotypes bien sirupeux qui puent.
Mais bon, franchement, c'est très bien passé quand même (et je l'aurais moins remarqué si je n'avais pas été obligée de me coltiner la 3D à la con et si j'avais pu avoir une séance V.O.), c'est compensé par bien d'autres scènes merveilleuses et un ensemble globalement très satisfaisant; je n'ai vraiment pas vu passer les 3h, j'en aurais même bien redemandé!
En somme, un bon coup de coeur, ouais

*
Allez, un dernier joli p'tit lot de nains juste pour le plaisir des yeux




Juno (film)
Attention pour ceux qui ne l'ont pas vu, je raconte le film... 

Juno McGuff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C'est ainsi qu'un jour où elle s'ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux.
Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s'occuper de son bébé. Avec l'aide de sa meilleure amie Leah, elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d'adopter leur premier enfant. Soutenue par sa famille, Juno fait la connaissance des Loring. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage...
Et bon sang, qu'est-ce que c'est beau, ça aussi!
Une énorme bouffée de fraîcheur avec ce p'tit bout de nana incroyablement cool, décalée et débrouillarde, qui vit sa vie comme elle le sent et ne se laisse pas si facilement démonter par les conséquences que ça peut avoir...
Comme quand elle n'arrive pas à y croire et qu'elle se vide un cubi de jus d'orange en retournant faire un test de grossesse pour la 3° fois de la journée, dans une petite séquence mi film mi stop motion très sympathique du générique



Au drugstore, plus moyen d'en douter: elle "a un polichinelle dans le tiroir" (ça se dit encore, ça?)

Il va donc bien falloir composer avec.
Première réaction: reconstituer le salon dehors pour apprendre la nouvelle au co-géniteur dès qu'il sort faire son jogging avec le meute de sportifs.
Cette scène est géniale, Juno est ultra classy


Et Paulie Bleekers (que j'ai cru prénommé "Polly" pendant tout le film, je me disais aussi...), le kidnappé consentant, prend la chose avec un certain détachement feint - en fait on voit bien qu'il est complètement dépassé ^^
Mais Juno obtient donc carte blanche, et c'est toujours ça de ne pas avoir à se soucier de lui, ma foi.

Elle se tourne aussitôt vers sa meilleure amie Leah, une autre optimiste débrouillarde qui va bien l'épauler.


Elle envisage bien l'avortement, mais très vite elle y renonce: pas moyen, elle restera enceinte!
A partir de là, elle réfléchit à la meilleure solution pour la suite, et l'équipe de choc trouve un bon plan qui pourrait faire l'affaire dans les petites annonces du journal local. Leah est là aussi quand vient le moment délicat pour Juno de mettre au courant son père et sa belle-mère, en insistant bien sur le fait qu'elle est consciente des conséquences de son coup de tête mais aussi assez responsable pour les assumer.
Ca roule, et son père l'accompagne à la rencontre avec le couple qu'elle a repéré dans les petites annonces, Mark et Vanessa Loring, qui seraient ravis d'avoir un bébé grâce à elle.

Le courant passe très bien; Juno et Mark se découvrent une passion commune pour le rock et s'improvisent un boeuf vite fait ^^

La grossesse prend son ampleur, et Juno supporte tout ça avec une sorte d'heureuse désinvolture, même au lycée où elle détonne dans les couloirs...
Sa belle-mère l'accompagne à son tour, cette fois à l'échographie.

Juno débarque chez les Loring tous les quatre matins, vient montrer l'échographie, parler musique ou films d'horreur avec Mark, croise Vanessa par hasard et l'invite à sentir les p'tits coups de pied avec sa désinvolture caractéristique...

Elle voit toujours Bleek', toujours à la limite entre le cool et le timide coincé, caché derrière son footing ou ses études.

Et puis arrive l'imprévu, le grain de sable qui grippe les roulettes et le rêve du foyer parfait que Juno nourrissait pour son bébé s'effondre d'un coup...

C'est horriblement émouvant.
Et puis, elle inspire un grand coup, et sourit...
De retour à la maison, elle a une belle discussion songeuse avec son père, qui lui assure qu'il est bel et bien possible de s'aimer et de vivre heureux ici-bas, et de trouver la bonne personne qui nous aime tel qu'on est.

Et la p'tite idée qui germe fait son chemin...

Sur un premier signe en forme de clin d'oeil private comme j'adore, ils se retrouvent et ce qui était sous-jacent autant qu'évident depuis le début éclate dans toute sa simplicité.

On a l'impression qu'il n'attendait que ça, en fait.
Et quand vient le jour de l'accouchement, Juno "n'a pas prévenu Bllekers, parce qu'il avait une importante compétition ce jour-là et [elle] ne voulait pas le déconcentrer, mais de toute façon, il a deviné tout seul", et quand il ne la voit pas à l'arrivée il trotte aussitôt à la maternité.
Plus de doutes, ils sont faits pour être ensemble...

Juno n'a rien changé au plan pour son bébé qui revient à Vanessa, même seule, et comme le lui dit son père, un jour elle reviendra à la salle d'accouchement parce qu'elle l'aura voulu, pour elle.
En attendant, elle peut reprendre une vie moins lourde, et la musique avec Bleek' comme ils se l'étaient dit


Au passage, la B.O. est très belle et fraîche, à l'image du film, et ça me rejaillit régulièrement dans la tête sans prévenir, avec un bon sourire.

Ce film est génial, voilà, c'est dit

Du vent dans mes mollets (film)


Prise en sandwich entre des parents qui la gavent d'amour et de boulettes, Rachel, 9 ans, compte les minutes qui la séparent de la liberté. Jusqu'au jour où son chemin croise celui de l’intrépide Valérie.
D'abord, Rachel est beaucoup plus effrontée dès le début, dans la BD. Dans le film, elle se fait entraîner par Valérie, dans la BD, elle trouve simplement une égale.
Madame Trébla, la pédopsy, est tout de suite plus sympa que dans la BD...

Par contre dans la BD il y a bien quelques allusions à l'origine juive, mais dans le film c'est décuplé avec l'héritage de "Osvitch" comme dit Rachel, par son père - j'ai trouvé que c'était quand même peut-être un peu too much

Les filoutes font tout autant les 400 coups, avec un peu plus l'accent sur les secrets intimes de la maîtresse d'école qui est rendue encore plus vache.

Le jeu pour faire mariner les camarades curieuses et jalouses est aussi un petit plus.

Mais surtout, cette éclate débordante et impertinente est tout aussi jubilatoire que dans la BD, le film fait très bien ressortir toute la spontanéité et l'énergie de l'enfance, et la complicité des vraies amies


Entre les parents des deux côtés, c'est très différent de la BD, d'ailleurs la nouvelle direction est beaucoup plus adaptée au format du film, et c'est finement joué malgré un thème classique: la mère célibataire, et l'autre mère qui sent son mari prendre doucement la tengeante...


Au point qu'elle se fasse une petite escapade avec un de ses patients, puis seule avec sa fille pour des vacances improvisées.

Mais la louloute s'ennuie, et Valérie vient la rejoindre, ce qui donne l'occasion aux deux mères de mieux se parler...
Pendant que les gamines s'en donnent à coeur joie dans cette petite parenthèse bucolique


Pendant ce temps, le mari se décide à bosser aussi sur la cuisine de son propre foyer, et au retour des vacances tout va beaucoup mieux dans la p'tite famille - qui inclut aussi la grand-mère, dans un rôle différent que dans la BD.

Rachel arrête de dormir tout habillée avec son cartable sur le dos, et elle discute avec ses parents plutôt qu'avec Madame Trébla.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Jusqu'à ce que Valérie, la pétulante Valérie {moshide hidden SPOILER (voir) |SPOILER (cacher)}, ne se réveille pas de son opération pour l'appendicite, à cause de complications avec sa myopathie{/moshide}...
Une version plus "justifiée" que dans la BD, mais tout autant injuste et terrible. Un moment très très émouvant, qui n'a pas manqué de me tirer une énorme larmichette.

Au final, j'ajouterais une mention spéciale pour le bon casting, en particulier Agnès Jaoui et Denis Podalydès que j'aime beaucoup et qui une fois de plus incarnent des rôles assez forts avec beaucoup de finesse, jouant dans les bonnes nuances juste comme il faut.
(les deux filles jouent admirablement bien aussi)
Je suis très contente de l'avoir vu.
C'est le genre de trucs qui paradoxalement laisse une grosse boule dans la gorge mais avec la sensation que ça fait du bien

Abraham Lincoln chasseur de vampires (film)

Lorsqu'Abraham Lincoln découvre que des vampires assoiffés de sang se préparent à envahir le pays, il jure de les éliminer les uns après les autres, à coups de hache. C'est alors que se révèle un chasseur hors pair, menant une guerre secrète sans précédent, avant même de devenir l'illustre figure de la guerre de Sécession.
Eh ben c'est horriblement raccourci... Bon, c'est normal pour la durée d'un film, le bouquin ne pouvait pas y tenir. Mais quand même. Ca tombe beaucoup plus dans le cliché et le spectaculaire, et la vie historique de Lincoln prend des voies beaucoup plus détournées et coupe à travers champs... et quelque part, ça perd de son charme et de son âme. C'est dommage.
Mais d'un autre côté, le spectacle est joli, et certaines modifications sont plutôt bien trouvées et bien pensées, en elles-mêmes. Pour un film. (les incohérences auraient eu plus de mal à passer dans le livre)
En bref, le "too much" qu'on tolère en petite proportion dans le livre se voit ici décuplé, et pourtant il y a quand même quelques moments et éléments qui sont sympas.
*
Pour commencer, on zappe une bonne partie de la prime jeunesse qui est pourtant si riche en émotions et évènements fondateurs, pour arriver très vite à une rencontre beaucoup plus directe avec Henry Sturges, et l'apprentissage de chasseur.

"On ne combat pas avec la haine. La véritable arme, ce n'est pas la haine, c'est la vérité."

Ensuite, il s'installe à Springfield, rencontre Speed (transformé en blondasse affecté) et on oublie ses premières amours pour arriver directement à Mary Todd.

Il est bien niais quand il est amoureux, mais ça c'est pareil dans le livre (sauf qu'on passe plus vite dessus et ça évite de se vautrer dans les clichés)
M'enfin, quand même, j'ai un peu de mal avec l'acteur, fort seyant au demeurant, mais qui ne colle pas assez à l'image que je me suis faite du jeune Abe, je le vois avec des traits déjà plus marqués, et jamais avec cet air de poupon monté en graine à la mèche ravageuse...(alors que dès qu'il a la barbe du Abe plus tardif, c'est tout à fait lui)

Commence ensuite la grande chasse, où le jeune et fringuant Abe fait tournoyer sa hache quand il n'est pas derrière le comptoir de l'épicerie de Speed (ou à compter fleurette à la donzelle) avec un joli chapeau de bon petit gentleman respectable.


Et là, c'est beau.
Il finit même par se venger de Jack Barts, auquel on doit reconnaître une certaine classe assez remarquable pour l'amatrice de steampunk que je suis ^^

Bon par contre, la course-poursuite dans (et sur) le troupeau de chevaux lâchés, mouais hin.

Apparaît aussi un vampire méchant inédit, Adam et sa bande.

Ennemi juré d'Henry et en cheville avec les sudistes, il considère que chacun est l'esclave de quelqu'un ou quelque chose depuis la nuit des temps (un passage illustré par une petite séquence animée du style du conte des 3 frères dans le dernier Harry Potter, une technique décidément très chouette), que ce soit de l'immortalité insupportable, du sang exigé par la nature de vampire, de l'ascendant d'un mentor (comme il tente d'en convaincre Abe lors d'une entrevue mouvementée), ou de quoi d'autre encore...
Il y a quelque chose d'intéressant dans ce point de vue.
Dommage que son unique but soit de se comporter comme un vampire sauvage et décomplexé avec pour ambition d'asseoir cette mouvance vampire à une place dominante en Amérique puis dans le monde...

Mais Abe clame que "tant que l'esclavagisme existe, nous sommes tous des esclaves"...
Et puis il en a sa claque d'aller chasser sans arrêt et de mettre en danger sa p'tite famille, il estime qu'il est temps pour lui de se poser et de combattre avec une meilleure arme: la plume, la parole.

Voici l'heure du président, et du casse-tête de la guerre et de la lutte pour l'abolition de l'esclavage.
Au passage, Speed est bien sûr un de ses meilleurs conseillers, comme c'est pratique. Pareil pour Willy le copain d'enfance ancien esclave affranchi, tant qu'à faire.


Mais les vampires ennemis n'ont pas l'intention d'en rester là, et quand ça commence à bien chauffer et à le toucher de plein fouet avec l'assassinat de son enfant, le chasseur resort sa hache et passe à la vitesse supérieure.

S'ensuit un affrontement épique entre vampires et chasseurs à bord d'un train déterminant pour la guerre et qui va se révéler piégé, savante ruse mais fort risquée... Abe n'aura pas de trop de sa fine équipe et des multiples tiroirs de son plan pour avoir le dessus et s'en sortir - in extremis évidemment, c'est Hollywood, quand même.


Henry et Abe se serrent la paluche sincèrement une bonne fois, et la bataille décisive débouche sur la victoire et un beau discours unificateur.
Classique, quoi. Carrément moins trippant que le bouquin...
Pourtant l'auteur, Seth Grahame-Smith, a lui-même adapté le script, ça aurait donc pu être très intéressant d'en profiter pour faire une réécriture intelligente et originale du livre qui est déjà une réécriture de la biographie historique d'Abraham Lincoln.
Voilou voilou, au final vraiment mitigée: entre mauvais clichés hollywoodiens et petites trouvailles aux scènes classy, impossible de sortir un avis tranché.

Holy motors (film)

De l'aube à la nuit, quelques heures dans l'existence de M. Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiant, créature monstrueuse, père de famille... M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier. Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l'immense limousine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l'action. Des femmes et des fantômes de sa vie. Mais où sont sa maison, sa famille, son repos?
Je me doutais que ça serait un peu spécial, mais je ne m'attendais pas à ce que ce le soit autant... Ca ne m'a pas empêché de l'apprécier, contrairement à mes parents qui espéraient un bon moment en famille et en ont été pour leurs frais, n'ayant pas du tout accroché

Ca commence très bizarrement (sans doute pour donner le ton) avec un homme qui se réveille couché en chien de fusil avec un chien sur le même lit, qui se lève pour examiner un mur tapissé d'une image de forêt très réaliste, trouve une porte dissimulée et déboule dans un grand cinéma qui projette une vieille pellicule d'un combat de boxe en noir et blanc.
En gros.

Après, on est dans un quartier pavillonnaire, un homme d'affaires salue sa famille en partant au travail, prenant place dans une limousine blanche conduite par Céline, une femme d'âge mûr qu'il semble connaître d'une longue collaboration.
Il descend une première fois grimé en vieille mendiante russe. Puis Céline lui rappelle son second "dossier" qui l'attend, et il descend dans ce qui ressemble à une tenue d'espion homme-grenouille et qui se révèle être une combinaison de tournage en modélisé.

Le résultat semble être un porno pour alien

Bon, à partir de là, c'est presque devenu entièrement clair qu'il faut avoir laissé son cerveau au vestiaire

Ensuite, toute la journée, on voit ce Monsieur Oscar enchaîner les rôles, aller d'un "rendez-vous" à un autre, complètement métamorphosé et habité par sa nouvelle identité à chaque fois.
Ses seuls moments de répits, généralement d'un calme un peu hébété, se passent dans sa limousine, entre deux "dossiers".

Jusqu'à ce qu'il enfile une nouvelle peau et reparte dans des scènes surréalistes, comme ce clodo fou qui sort des égouts, ravage le cimetière du Père Lachaise, arrive sur un shooting photo chic, et trouve la top-model à son goût.


Ou encore ce père fatigué qui ramène sa fille ado d'une fête pour laquelle il est censé l'avoir amené à Paris exprès.
Ou ce vieil homme généreux bienfaiteur d'une jeune femme dévouée qui le veille sur son lit de mort - et que Monsieur Oscar quitte comme une égale.

Il flingue un type à la terrasse d'un café et se prend une bonne dizaine de pruneaux dans la tronche, il égorge un autre dont il arrange le corps pour qu'il ressemble au sien à ce moment-là, se fait égorger en retour et revient à la limousine à moitié mort et baignant dans son sang.
Mais non, à chaque fois qu'il est de retour dans son QG à l'intérieur de la voiture, il n'a rien. Juste un peu fatigué.
Du coup, on devine que les "dossiers" qu'il honore sont des rôles commandités par toutes sortes de clients, pour toutes sortes de situations, mais on ne sait pas très bien ce qui est vrai, ce qui est joué, ce qui était prévu et ce qui est de l'impro...
Et comment c'est possible de jouer des scènes, comme ça, dans le Paris de tous les jours. Et aussi qui il est vraiment, quelle est sa véritable identité, son histoire à lui.
Puis sa limousine blanche se fait refuser la priorité par une voiture exactement similaire ; et pendant que Céline s'engueule très poliment avec l'autre chauffeur, il retrouve une vieille connaissance qui lui octroie une demie-heure avant son prochain rendez-vous.
Sur les toits de la Samaritaine désaffectée, la scène est un peu confuse, pleine de non-dits, riche d'émotion contenue et de regrets.
Entre jeu façon comédie musicale et tête-à-tête personnel, on ne sait pas trop là non plus ce qu'il en est vraiment, ni même si ces deux-là ont vraiment compté dans la vie l'un de l'autre en-dehors des rôles incarnés - bien que cette "séquence" se ferme sur un choc assez important.

Mais la tournée continue même après ça, comme si de rien n'était... "Le monde entier est un théâtre, disait Shakespeare, et tous, hommes et femmes, n'y sont que des acteurs."
C'est ce que monsieur Oscar et ses semblables rendent vrai chaque jour, inlassablement, avec une passion qui tient du complet sacrifice...
Leurs limousines sont leurs coulisses, leur pied-à-terre entre deux représentations, leur espace de démaquillage et de grimmage, leur seul point fixe - ou ce qui s'en approche le plus - dans une vie en perpétuelle métamorphose.
Pourquoi, comment, pour qui, au fond ça n'a pas réellement d'importance...
Déposés dans un nouveau rôle où ils passeront la nuit et leur peu de sommeil, ils laissent les limousines blanches regagner leur garage, où une fois les lumières éteintes elles se mettent à discuter entre elles.
Sacrés moteurs...

Dark Shadows (film)

Comme c'est inspiré d'une vieille série tv que je ne connais pas du tout, et que j'avais vu passer pas mal de critiques négatives et déçues, j'y allais avec une certaine circonspection, mais sans préjugé non plus. Surtout par curiosité, sans rien attendre de particulier.
Et bien m'en a pris: je crois que je n'aurais pas pu mieux en profiter ^^

En 1752, la famille Collins s'installe au Nouveau Monde. Très vite elle devient prospère au point de se doter d'un domaine et de donner son nom à la ville qui se développe, Collinsport.
Riche et puissant, le jeune héritier Barnabas est un aristocrate promis à un futur glorieux qui fait tomber les coeurs. Il finit par rencontrer l'amour de sa vie, Josette, mais non sans piétiner le coeur d'une autre, une véritable sorcière - dans tous les sens du terme, qui ensorcelle la bien-aimée pour la faire se jeter de la falaise, sous les yeux impuissants de Barnabas auquel elle n'accorde même pas le choix désespéré du repos éternel, le condamnant à l'état de vampire.
Rien de plus facile ensuite que d'organiser un lynchage public au terme duquel il est enterré vivant.

Deux siècles plus tard, les descendants des Collins vivotent dans la demeure familiale mal entretenue, en proie à des difficutés financières.
La maison délabrée voit d'abord arriver une gouvernante, jeune fille posée qui semble faite pour cette grande demeure archaïque, et qui ne dénigre pas les visions de fantômes du plus jeune des enfants, dont elle a la charge.
D'ailleurs elle en rencontre un très vite, qu'on reconnaît comme Josette, la malheureuse fiancée d'autrefois, ensorcelée pour être précipitée du haut de la falaise contre son gré.

Dans le même temps, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et se retrouve en 1972 dans un monde totalement transformé. Il se rend bien évidemment directement à la demeure familiale, où il finit par convaincre ses descendants de la véracité de son histoire.


Consterné de voir la déchéance des Collins, il décide de reprendre les affaires en main, notamment à l'aide des richesses d'antan toujours en sécurité dans leur cachette...

Et c'est aussi une grande initiation pour lui, et pour les autres.


Je savais qu'Helena Bonham Carter y jouait, mais je m'attendais à la voir dans un autre rôle que la psy flamboyante et cougar ambitieuse, j'ai été bluffée - et c'était assez rigolo

J'ai adoré Carolyn, l'ado en rébellion, très bien jouée par Chloe Moretz que j'ai beaucoup plus apprécié ici que dans Hugo Cabret.

Elle donne pas mal de situations cocasses, en complet décalage avec l'ambiance de la maison et les restes aristocratiques de la famille

Voir Barnabas dans sa chambre, à se renseigner sur les nouvelles façons de séduire une dame ou sur l'équivalent social moderne des bals de son époque, c'est juste un grand moment ^^

Et pour relancer l'image et les affaires de la famille, elle suggère un happening, en tentant sa chance pour demander à faire venir Alice Cooper, ce que Barnabas exécute aussitôt


Et j'avais beau connaître très vaguement de nom et de look, ayant quelques fans dans mes fréquentations, je crois que je n'en avais encore jamais écouté et là ça m'a bien accrochée
Il y a aussi la ribambelle d'autres situations cocasses dûes à la nature vampirique de Barnabas et aux aménagements nécessaires pour faciliter sa vie et sa place dans ce Collinswood moderne...

Mais tout ça finit par payer, grâce à la prestance et aux pouvoirs de persuasion de Barnabas, autant que par le sens de la famille qu'il remet au goût du jour pour mieux revenir aux fondamentaux des Collins.

Il nourrit même un certain béguin pour la jeune gouvernante qui n'est pas sans rappeler sa regrettée Josette, par bien des côtés...

...ce qui n'est pas du goût de la sorcière, qui a elle aussi traversé les siècles - en bien meilleur état, et qui est toujours plus redoutable.
Le jeu entre le vampire et la sorcière enchaîne les manches et se porte sur tous les fronts, jusqu'à l'affrontement ultime où tout le clan familial s'implique, chacun selon ses moyens, insoupçonnés pour certains.
Voir le vernis se fendiller pour laisser place aux fêlures est une manière intéressante de revenir à la vraie nature profonde de la sorcière.

J'ai aussi beaucoup aimé tout le développement de cette vision du vampire, dans sa souffrance et sa malédiction.

Pour finir, ce n'est peut-être pas effectivement un chef-d'oeuvre Burtonesque, mais Dark Shadows reste un film très sympa, avec de l'humour et du décalé, une bonne esthétique et une indéniable touche de gothique. Avec ça les acteurs sont tous très bons et Johny Depp est comme toujours classe et loufoque, génialement bluffant.
J'ai bien apprécié










